Je venais à peine de conduire un coupé sport Lotus Emira pour un article sur mon site personnel lorsque j'ai eu l'occasion de prendre le volant du tout nouveau super VUS Eletre du même constructeur.
Incidemment, si vous l'ignorez, la légendaire marque britannique Lotus appartient depuis quelques années au consortium chinois Zhejiang Geely Holding Group Co., Ltd. (ZGH), propriété du milliardaire Li Shufu. Depuis, Lotus tente d'accélérer son virage vers l'électrification. Son très récent super VUS Eletre, commercialisé en Europe depuis près de trois ans, en est le meilleur exemple.
Lotus Americas a vu l'occasion de commercialiser ses Eletre construits en Chine au Canada depuis l'annonce d'Ottawa permettant la vente de ces VUS électriques chez nous, sans les tarifs extraordinaires imposés aux États-Unis. L'annonce officielle a d'ailleurs eu lieu récemment à Montréal, où le concessionnaire montréalais de la marque a pu présenter cet intéressant véhicule à ses clients potentiels ainsi qu'à quelques représentants de la presse locale.
Je suis l'un de ces journalistes chanceux invités à cette présentation et, même si l'expérience a été un peu trop courte à mon goût, j'ai tout de même eu l'occasion de conduire ce luxueux véhicule pendant une heure dans la région métropolitaine.
Ma première impression a été la surprise de constater que le véhicule est d'une qualité de fabrication irréprochable. Trop de gens ont encore l'impression qu'un véhicule chinois est assemblé à la va-vite, comme certaines voitures d'Europe de l'Est des années 1970 dont on se moquait à l'époque. Détrompez-vous. Et même s'il s'agit ici d'un VUS de luxe, on peut croire que cette qualité se retrouvera aussi dans des productions plus abordables.
Dès le premier contact, force est d'admettre que l'assemblage et la finition sont sans reproche. Incidemment, le véhicule que Lotus m'a confié était la version la plus haut de gamme de l'Eletre, la Carbon, un impressionnant super VUS tout électrique à quatre portes, peint en gris mat et agrémenté d'éléments de carrosserie en fibre de carbone.
Sans trop entrer dans les détails, précisons que ce véhicule à traction intégrale était propulsé par deux moteurs électriques développant une puissance combinée de 905 chevaux et un couple de 726 lb-pi. Malgré des chiffres aussi impressionnants, j'ai eu affaire à une « camionnette » au fonctionnement doux, précis et silencieux. Pour les amateurs de pneus, mentionnons que cet Eletre était chaussé de Pirelli P Zero LTS Elect 275/35 R23, spécialement conçus pour les véhicules électriques.
L'intérieur est à la fois sobre et impressionnant. Le tableau de bord se veut plutôt épuré, mais l'immense écran central nous rappelle qu'il faut tout configurer avant de prendre la route. Toutefois, les commandes de base facilitent grandement l'opération, et le véhicule se conduit ensuite comme une simple petite voiture urbaine.
Les sièges sont d'un grand confort et, encore une fois, la finition est tout simplement exemplaire. Je vous épargne les remarques superflues sur le compartiment arrière, qui accueille deux passagers dans un confort comparable à celui des occupants avant. Malgré le gabarit imposant du véhicule en milieu urbain, la visibilité est très bonne. Pour aider davantage, Lotus a ajouté des caméras un peu partout autour du véhicule, mais mon essai a été trop court pour tout analyser en profondeur.
Avec l'aide de mon « instructeur », Bernard Durand, le spécialiste Lotus chez John Scotti, j'ai donc affronté les rues achalandées du Vieux-Montréal avant de me diriger vers l'autoroute Ville-Marie, puis l'autoroute 20 en direction de Toronto. Cela m'a permis de constater la belle présence de l'Eletre sur la route, avec une direction stable et un freinage puissant assuré par des étriers à six pistons bien identifiés au nom de Lotus.
J'ai surtout eu l'occasion de trouver une rampe d'accès qui m'a permis de découvrir ses capacités d'accélération. Mon copilote, Bernard, a eu l'excellente idée de sélectionner le mode de conduite Track, alors que j'ai volontairement ignoré la fonction Launch, qui m'aurait permis de préparer le véhicule pour un tel test. Dès que le feu est passé au vert, j'ai appuyé à fond.
Ayant un peu d'expérience en course automobile et étant moi-même propriétaire d'une voiture de performance, j'ai pu apprécier l'incroyable accélération de l'Eletre. C'est tout simplement renversant. J'estime le passage de 0 à 100 km/h à environ trois secondes. Et cela, avec la version de plus de 900 chevaux. J'ai déjà lu qu'avec la version de base, forte d'environ 603 chevaux, ce temps pouvait tout de même demeurer impressionnant, à moins de cinq secondes.
Mon temps d'essai étant limité, j'ai dû me contenter de quelques reprises et d'un retour à la conduite urbaine. Je n'ai toutefois eu aucune difficulté à me faufiler dans la circulation et à revenir à la civilisation. Le stationnement du véhicule a également été facilité par les nombreuses caméras du super VUS.
Je n'ai pas été intimidé par cet essai au volant d'un véhicule de près de 180 000 $, d'autant plus que j'en ai déjà conduit d'autres valant beaucoup plus. J'étais néanmoins rassuré de savoir que ce véhicule affichait un prix environ deux fois moins élevé que sur le marché américain.
Ma conclusion? Mon essai était trop court. J'aurais aimé effectuer un parcours de quelque 400 kilomètres pour mieux cerner les qualités et les défauts de l'Eletre. Tout ce que j'espère, c'est que Lotus prendra de l'ampleur et que j'aurai l'occasion de conduire les autres produits promis par la marque, qui me semblent tout aussi excitants que cet Eletre.
L'Eletre qui m'a été confiée était ce modèle Carbon de haute performance à la peinture noir mat.
L'Eletre vue de l'arrière.
Le tableau de bord ultramoderne de l'Eletre.
Les places arrière demeurent accueillantes.
Le coffre est utile et sécuritaire pour les objets plus fragiles.
Les impressionnants pneus Pirelli qui équipaient le super VUS, ainsi que les étriers, étaient très visibles.
Bernard Durand, directeur des ventes de la marque à l'époque, maintenant retraité, nous a montré les petits espaces de rangement très pratiques du super VUS.
(Photos d'Éric Descarries)

