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L'automobile
Article de fond   26-12-2018   by Nathalie Savaria

Passion


Voici le mot de la fin de notre rédacteur sénior, Michel Poirier-Defoy, paru dans le numéro de novembre-décembre 2018 du magazine L’automobile.

Depuis que j’écris au sujet de l’automobile et du merveilleux monde qui gravite autour, s’il y a un mot qui est revenu régulièrement pendant toutes ces décennies comme le pendule d’une horloge, c’est bien le mot formation. Si le métier de mécanicien est devenu des plus complexes et qu’on parle désormais de technicien, le curriculum éducatif a changé au même rythme que les véhicules ont évolué.

J’ai visité des centres de formation professionnelle (CFP), de Wilbrod-Bherer à Québec à l’École des métiers de l’équipement motorisé de Montréal (ÉMÉMM), les deux cathédrales québécoises de l’enseignement motorisé, jusqu’à des plus petits CFP comme celui de la Vallée de la Gatineau à Maniwaki. J’y ai rencontré des enseignants motivés et compétents, dont le but premier consistait à donner de l’espoir à des jeunes adultes en quête d’un avenir intéressant, et à leur inculquer, chemin faisant, les rudiments de base sur l’automobile, son entretien et les réparations à effectuer. Des gens engagés par leur attitude et persévérants pour leurs élèves.

Je ne rappellerai pas les épreuves qui ont affecté le monde de l’éducation au cours des dernières décennies, que ce soit en matière de compressions, de fermetures de poste ou d’abandons de programme. Ces CFP sont passés à la même moulinette et il faut remercier certains manufacturiers pour l’aide apportée en dons et en équipements. Malgré des vents contraires, l’ardeur du personnel n’a pas connu de baisse, même s’il a fallu faire avec.

Nous sommes tous conscients que l’automobile, en tant que produit technologique, évolue à un rythme ahurissant et qu’aucun établissement ou corps professoral n’est en mesure de suivre ce tempo infernal. Il suffit de se rendre chez un concessionnaire pour constater que des techniciens chevronnés sont incapables de diagnostiquer correctement et encore moins résoudre certains problèmes sur des véhicules. Un dépositaire qui propose souvent une seule marque, forme ses employés et peut communiquer en tout temps avec du personnel de soutien.

En conséquence, il faut bien admettre que le parcours scolaire de 1 800 heures conservera toujours une bonne distance avec la réalité, malgré les efforts des experts – dont certains sont des collaborateurs de L’automobile – qui concoctent au mieux chaque section du programme. C’est sans compter que l’équipement et le matériel requis pour enseigner la nouvelle matière tarderont à rejoindre les salles de cours. La prochaine refonte devra être encore plus chirurgicale : maintenir le nombre d’heures de cours pour l’obtention d’un diplôme de base et augmenter les stages en entreprise. Par ailleurs, ajouter des volets, même de niveau collégial sur d’autres sujets comme l’informatique avancée, les nouvelles composantes ou l’intelligence artificielle, entraînerait une reconnaissance de degré supérieur.

On n’a qu’à regarder ce qui se fait dans d’autres métiers et professions pour se rendre à l’évidence que la quantité de matière à enseigner dépasse largement le temps accordé avant l’examen final. Les curriculums sont plus longs et les stages plus nombreux.

Avec le manque criant de personnel dans une multitude d’entreprises et d’établissements, et des panneaux « Nous embauchons » qui poussent un peu partout, il faudra opérer des changements à court terme pour attirer des candidats et s’assurer que les inscriptions augmentent dans les CFP de mécanique et de carrosserie. Car on a beau discourir sur les véhicules verts, le transport en commun et en vélo, il appert que le parc automobile nord-américain ne cesse de grandir, et le Québec ne fait pas exception, si bien qu’un étudiant qui termine ses cours peut envisager une carrière qui le mènera à la retraite sans hésitation.

En fin de compte, lors de chacune de ces visites au cours des dernières trente et quelques années, ce qui m’a convaincu que la continuité était assurée et que la réussite scolaire était la préoccupation prioritaire, c’est l’enthousiasme et la passion des enseignants dans ces établissements. Ils ne comptent pas les heures et excellent lorsqu’ils se retrouvent avec un petit groupe autour de composantes mécaniques. Ils appuient et conseillent ceux qui sont en stage. Ils font du rattrapage quand un élève est en difficulté. Ce sont des éducateurs, mais aussi des confidents, des amis et des Grands Frères.

Ils méritent d’emblée notre respect et notre appréciation.

 

 


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