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nouvelles   28-02-2019   by Tom Krisher, The Associated Press

Fin de parcours pour la révolutionnaire Chevrolet Volt


Un ancien dirigeant de GM a déclaré que le véhicule a été un «tremplin» dans le développement de véhicules entièrement électriques

La Chevrolet Volt au Canadian International Auto Show 2019, à Toronto.

Alors que l’entreprise était au bord du gouffre financier au début des années 2000, les dirigeants de General Motors ont eu une idée pour contrer son image énergivore et ouvrir la voie au transport de l’avenir : une voiture électrique dotée d’une génératrice à essence lui permettant d’aller plus loin.

C’est au salon de l’automobile de Detroit, en 2007, qu’ils ont dévoilé le prototype de la Chevrolet Volt, ne sachant pas encore s’ils disposaient de la technologie nécessaire pour réaliser une avancée majeure dans le domaine des véhicules alimentés par batterie.

Il a fallu près de quatre ans avant que la première Volt – une version à plus longue autonomie d’un hybride rechargeable – sorte de la chaîne de montage à la fin de 2010. GM espérait que ses clients seraient prêts pour une voiture ayant une autonomie électrique de 56 kilomètres avant qu’une génératrice à essence se mette en marche.

Eh bien, ceux-ci n’étaient pas prêts. La semaine dernière, la dernière Volt est sortie d’une usine de Detroit qui doit fermer. Les ventes ont été inférieures à 20000 unités par année, en moyenne, ce qui est insuffisant pour rentabiliser le coûteux investissement.

La Volt n’était pas la première voiture électrique, mais c’était le premier véhicule de ce type à réduire l’angoisse de la batterie déchargée à un coût raisonnable. L’EV1 de GM, produite dans les années 1990, avait une autonomie limitée, et le Roadster de Tesla, lancé en 2008, qui pouvait atteindre une vitesse de plus de 200 km, coûtait plus de 100 000 dollars.

La Volt a été l’un des premiers hybrides rechargeables, dont beaucoup ne peuvent parcourir que 32 kilomètres environ à l’électricité, et ils n’ont pas gagné en popularité auprès des consommateurs.

Pourtant, la Volt a servi un but puisqu’elle a permis des avancées relativement aux batteries au lithium-ion semblables à celles utilisées pour les téléphones intelligents et les ordinateurs. Mais ces progrès ont finalement conduit à la disparition de la Volt, GM et d’autres constructeurs ayant mis au point des véhicules entièrement électriques pouvant parcourir 200 km de plus par charge.

La Chevrolet Bolt électrique au Canadian International Auto Show 2019, à Toronto.

«Même si la Volt est un échec, elle a fait ce qu’on attendait d’elle», a déclaré l’ancien vice-président chez GM, Bob Lutz, considéré comme le père de la Volt. «Nous l’avons vue comme un tremplin pour le tout-électrique, qui était totalement impensable à l’époque, en raison du coût astronomique des batteries au lithium-ion».

GM produit maintenant la Chevrolet Bolt, qui dispose de 383 kilomètres d’autonomie, et d’autres véhicules électriques sont attendus dans le futur.

La Volt a attiré de fidèles clients, dont beaucoup sont mécontents de l’abandon du modèle par l’entreprise.

Richard Winters, un médecin de 65 ans qui habite Poteau, dans l’Oklahoma, a déclaré que la Volt était toujours utile dans des régions comme l’Oklahoma et l’Arkansas, où les stations de recharge de véhicules électriques sont peu nombreuses. Il a acheté sa première Volt en 2016 pour son aller-retour quoditien de 120 km entre son domicile et l’hôpital où il travaille.

L’année dernière, il a acheté une autre Volt, une version améliorée ayant 85 kilomètres d’autonomie électrique. Comme il peut brancher son véhicule au travail, la plupart de ses déplacements se font à l’électricité. Il parcourt généralement 2250 kilomètres entre deux pleins à la station-service, et charger la batterie lui coûte 1 $ seulement, a-t-il déclaré.

Selon lui, GM aurait dû investir davantage d’argent dans la promotion de la Volt. «J’ai été vraiment surpris par le peu de marketing», a-t-il déclaré. «Je n’aurais pas de voiture électrique sans génératrice à essence.»

La Chevrolet Bolt électrique en train d’être rechargée au Canadian Auto Show 2019, à Toronto.

À l’origine, la Volt devait être une cinq-places élégante et futuriste pourvue d’une batterie et d’un moteur trois cylindres comme génératrice, a déclaré Sam Abuelsamid, analyste chez Navigant Research.

Mais à cause de problèmes financiers, GM s’est contenté d’une version modifiée de la voiture compacte Chevrolet Cruze à quatre sièges et composée de nombreuses pièces provenant d’autres véhicules GM, a-t-il déclaré.

«Ils ont fait d’énormes progrès avec cette voiture, mais elle n’a exploité tout le potentiel du concept», a déclaré M. Abuelsamid.

Ç’aurait été bien de continuer à produire la Volt, mais les préférences des consommateurs s’orientent vers les VUS, a-t-il déclaré. L’entreprise a également perdu de l’argent avec chaque Volt, et cet argent était nécessaire pour le développement des véhicules autonomes et des voitures électriques plus perfectionnées.

«La Volt n’est pas le bon véhicule pour le marché d’aujourd’hui», a déclaré M. Abuelsamid. «Cela n’a pas vraiment de sens de la garder, peu importe que vous l’aimiez. Il vaut probablement mieux la laisser tomber.»


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