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nouvelles   05-10-2005   by Un mythe à démolir!

La peinture à l’eau, plus difficile?


« Il y a un manque d’information en matière de peinture automobile à base d’eau. On croit que c’est plus compliqué, alors que ce sont les mêmes fusils HVLP 1.3, les mêmes lignes à air, les mêmes cabines downdraft, et globalement le même équipement qu’on utilise. Je ne comprends pas que le marché voit cela compliqué¿ »

Celui qui annonce cela est Robert Sévigny. C’est le spécialiste en développement de la société Badische Anilin Soda Fabrik, mieux connue sous le nom de BASF. C’est la seule compagnie pour l’instant qui offre au Canada un système de peinture automobile à base d’eau pour le marché de la réparation des dommages de collision. Robert représente la Corporation des Carrossiers professionnels du Québec (CCPQ) à la Table de l’environnement en ce qui concerne les véhicules routiers, qui examine les meilleures façons de préserver l’environnement et la santé des travailleurs de l’industrie. Les carrossiers européens se sont convertis à l’eau depuis au moins une décennie, les dommages causés par les isocyanates ont beaucoup diminué et les composés organovolatils (COV) sont devenus là-bas choses du passé.

Un système très semblable
Êtes-vous équipé de pistolets à vaporiser haut volume, basse pression? Êtes-vous équipé du standard de l’industrie en fait de cabines à peinture? Il se peut que la peinture à l’eau soit pour vous.

En somme, « changer d’une base volatile à une base aqueuse n’est pas plus drastique que de changer de marque de peinture. C’est un peu comme l’évolution de la peinture à l’eau dans les résidences. Connaissez-vous beaucoup de gens qui utilisent encore la peinture à l’huile dans leur salon? », indique Robert Sévigny.

En fait, la grande différence entre les deux systèmes de finition automobile réside dans l’équipement de séchage, plus exigeant pour la peinture à l’eau et qui demande un investissement de 3000$ à 20 000$ par chambre à peinture. Il y a aussi les dégradés (blending) qui requièrent d’adopter une nouvelle technique qui se maîtrise aisément après quelques jours de pratique.

Les manufacturiers d’équipement de séchage connus ici sont Junair (qui fabrique le système Quad), Rowit et Garmat. Comme un temps de séchage plus court est requis, certains manufacturiers annoncent en prime une réduction des coûts de chauffage du tiers. Aux prix actuels (et à venir) de l’énergie, c’est une considération croissante.

Plus cher?
Le carrossier pense souvent que la peinture à l’eau est plus coûteuse. « C’est là une illusion », avance Robert Sévigny. « Il faut considérer le coût par job, plutôt que le coût au volume. Par litre, la peinture à l’eau contient beaucoup plus de pigments et ça ne coûte pas plus cher en fin de compte par automobile refinie ».

Les coûts de l’investissement sont à long terme absorbés par des économies au chapitre des risques associés aux composés organovolatils (COV). La ligne 90 de BASF, par exemple, comprend 10% de solvants organiques comparé à 80% pour la peinture la plus utilisée dans nos ateliers. Les isocyanates, utilisés comme catalyseur dans les « clears », restent un problème, mais l’industrie pense développer une solution dans la prochaine année, selon Robert.

« Le Québec a été le premier en Amérique du Nord à passer au système Base Clear », indique M. Sévigny. « Ça démontre l’ouverture d’esprit et le dynamisme des carrossiers québécois. Je pense que nous serons aussi les premiers en Amérique du Nord à développer ici des standards déjà bien reconnus en Europe ».

Le problème majeur? Paradoxalement, pour Robert Sévigny, qui est aussi le directeur régional de BASF, le principal obstacle à l’entrée de la peinture à l’eau, « c’est que seule notre compagnie l’offre au Québec ¿». Pourtant, Spies Hecker et Standox, Akzo Nobel et PPG (Nexa) offrent tous des systèmes parfaitement rodés en Europe et, dans une moindre mesure, aux États-Unis, mais n’en proposent pas au Québec. Comme l’offre suit généralement la demande, on ose espérer que les carrossiers québécois vont se faire plus curieux !

« Avec plus d’information, si la demande se fait plus forte, le mouvement va être lancé, et, un coup parti, rien ne pourra l’arrêter », conclut Robert.

Pour en savoir plus :
www.fr.glasurit.com
www.spieshecker.com.
www.junair.co.uk
www.garmat.com
www.rowit.nl


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