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L'automobile
nouvelles   10-02-2006   by Les moteurs de demain

Hybrides 0 – Diesel 1


Après plusieurs décennies de moteurs à essence, l’avenir apparaît nébuleux au jeune propriétaire d’atelier de réparations. Depuis la Ford Model-T, les changements ont été graduels et n’importe quel bon technicien automobile pouvait s’adapter au rythme des changements des modèles et des nouveautés introduites une à une : transmission automatique, climatisation, freins à disques, ABS, OBD, etc. Mais, bon, les pistons étaient toujours des pistons et les couverts de valves toujours des couverts de valve.

Le Salon de l’Auto de Montréal a présenté, exceptionnellement cette année, un avant-goût des « options de motricité » qui nous attendent : véhicules au gaz naturel, hybrides, électriques, à l’éthanol, à l’hydrogène, etc. Alors qu’on observait autrefois des changements graduels, c’est véritablement des sauts quantiques qu’on nous propose maintenant. Il y a de quoi traumatiser un technicien qui a passé deux ans à étudier le moteur à explosion.

Peu de ces options, toutefois, tiennent la route (c’est le cas de le dire). Si l’hydrogène se présente comme la voie de l’avenir lointain, les deux options qui s’imposeront dans les prochaines dix années sont les hybrides et le diesel. Celui-ci, en particulier, pourrait voir son rôle en Amérique du Nord complètement changé par le développement récent de bougies de préchauffage (glowplugs) qui réduisent considérablement l’émission de NOx du moteur. Cette technologie révolutionnaire va rendre le diesel plus propre, plus simple et même moins coûteux. C’est à un consortium allemand incluant Beru, Siemens et Federal Mogul qu’on doit cette innovation.

Comment ça marche? Depuis 30 ans, les moteurs à essence sont dotés de sondes lambda, ce qui permet d’alimenter l’ordinateur de bord des informations utiles. Rien de tel n’existait toutefois pour les moteurs diesel. La nouvelle bougie est dotée de détecteurs de pression qui permettent de stabiliser la température de combustion afin de réduire les émissions de NOx . Un des avantages subséquents, c’est que si l’ingénieur qui conçoit le moteur connaît la pression de la chambre de combustion, il peut optimiser le cycle et adapter le design à la limite de la pression de pointe, pour produire un meilleur torque, développer plus de puissance et même égaliser la puissance de chaque cylindre pour assurer un régime plus doux.

Déjà, le diesel, avec des économies de carburant de plus de 50 % pour un kilométrage donné, est beaucoup plus avantageux que tous les hybrides sur le marché, qui livrent à peine leur 20 %, bien que ceux-ci n’émettent pas un bruit de « machine à coudre » à bas régime comme le font les diesels.

En Europe, on assiste depuis 5 ans à une véritable révolution du diesel qui nous a épargnés au Quebec en raison du protectionnisme de l’industrie nord-américaine. Des innovations comme celle discutée plus haut ne peuvent que renforcer le potentiel du diesel sur le marché américain, en le ramenant à des normes que même la Califormie ne pourrait refuser.

Ça prendra encore quelque temps, mais « watchez-vous », le diesel va dominer le marché des nouvelles voitures au Québec d’ici la fin de la décennie.


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