Services à l’abonné
Magazine & e-Bulletin
L'automobile
nouvelles   20-12-2018   by Christopher Reynolds, La Presse canadienne

«Elles arrivent»… Des voitures volantes à l’horizon d’ici 2023


Le Terrafugia, une voiture volante lors d’une démonstration dans le Wisconsin, en juillet 2013.

Les voitures volantes décrites dans des classiques de la science-fiction comme Blade Runner ou Le Cinquième élément ont longtemps été considérées comme une idée folle, mais leur arrivée serait plus proche qu’on le pense.

Au moins une douzaine d’entreprises élaborent ou procèdent à des essais sur des voitures volantes ou des drones avec passagers, selon un rapport publié par  Deloitte en janvier.

Selon une étude de Porsche Consulting, les taxis aériens seront au nombre de 15 000 et représenteront un marché mondial d’une valeur de 32 milliards de dollars d’ici 2035. À cela s’ajouteront des services de livraison et d’inspection aériennes représentant 42 milliards de dollars supplémentaires.

Les appareils à décollage et à atterrissage verticaux (ADAV) permettent de transporter des personnes et des marchandises dans des zones urbaines et suburbaines où la circulation est dense en une fraction du temps nécessaire à un conducteur, ce qui aurait pour effet de retirer des véhicules de la route.

Toutefois, des obstacles technologiques et réglementaires subsistent. De plus, on ne sait pas si les véhicules volants peuvent réellement changer les habitudes de déplacement et réduire les émissions, ou encore surmonter les défis de sécurité et de perception du public.

«Les véhicules sont réels. Ils arrivent. Je pense que ça va être plus rapide que ce que tout le monde croit possible.»

– Nikhil Goel, Uber Elevate

La plupart des ADAV ressemblent à des drones surdimensionnés, dotés de petites hélices autour d’une nacelle de passager, qui décollent et se posent comme un hélicoptère. Mais ils seront plus silencieux, moins chers et plus verts que les hélicoptères, prédisent les experts.

«Au lieu de ce son profond, guttural, pénétrant à travers les murs, on obtient un son beaucoup plus acceptable, semblable à un ventilateur de plafond», a déclaré Nikhil Goel, responsable des produits d’aviation chez Uber Technology Inc., affilié à Uber Elevate.

Uber espère pouvoir commencer à transporter des passagers dans des ADAV hybrides à cinq sièges au-dessus de Los Angeles, Dallas-Fort Worth et une troisième ville hors des États-Unis d’ici 2023.

«Les véhicules sont réels. Ils arrivent. Je pense que ce sera plus rapide que ce que tout le monde croit possible», a déclaré M. Goel.

Selon lui, la première vague de taxis aériens pourrait fournir un service de navette entre les principaux aéroports et les héliports dans les centres-villes qui s’intégreraient au système de transport en commun, plutôt que de sauter d’un immeuble à l’autre, une option de déplacement d’un pôle à un autre  s’apparentant à un monorail.

«Nous ne construisons pas ce produit pour les riches», a déclaré M. Goel.

Quelques années après le lancement du service Uber Air, comme son nom l’indique, le coût d’un voyage aérien sera le même que celui d’un déplacement sur la route, a-t-il déclaré.

Il calcule qu’un taxi aérien réduirait à 15 minutes la distance de 90 km entre les centres-villes de San Francisco et San Jose, par rapport au trajet d’une heure et 40 minutes en voiture.

Uber n’est pas le seul à s’intéresser aux ADAV. Le fabricant de drones chinois Ehang a effectué des tests en vol avec un drone transportant un passager plus tôt cette année, selon le site internet de l’entreprise. La start-up allemande Volocopter a mis au point un prototype de taxi aérien qui a volé au-dessus de Dubaï en 2017. Enfin, Kitty Hawk, une entreprise californienne créée par le fondateur de Google, Larry Page, a produit un élégant prototype d’ADAV à une place cette année.

Bell (anciennement Bell Helicopter) est l’une des cinq entreprises avec lesquelles Uber s’est associé, aux côtés de Karem, Pipistrel et ses rivaux de l’industrie aérospatiale Embraer et Aurora Flight Sciences, affiliée à Boeing.

Scott Drennan, vice-président à l’innovation chez Bell, cible plutôt 2025 comme objectif de lancement commercial réaliste.

La durée d’autonomie des batteries doit progresser, alors que la technologie à ion de lithium permet à un engin à propulsion électrique à hélices de parcourir entre 50 à 100 kilomètres, a-t-il déclaré.

La réglementation constitue un autre obstacle. Pour éviter d’encombrer le ciel des villes, les ADAV pourraient devoir suivre les itinéraires de décollage et d’atterrissage existants des avions, mais à une altitude inférieure et à une vitesse oscillant entre 150 et 330 km / h.

La plupart des régulateurs de l’aviation occidentale interdisent l’utilisation de drones. Des discussions sont en cours avec la Federal Aviation Authority des États-Unis et l’Agence européenne de la sécurité aérienne, a déclaré M. Drennan, qui dit avoir rencontré Transports Canada à trois reprises au sujet des ADAV.

Mark Cousin, directeur général de l’unité A3 d’Airbus, s’inquiète des problèmes potentiels de gestion du trafic aérien.

«Le véhicule, c’est la partie facile, a-t-il déclaré. Le véritable défi consiste à intégrer des milliers de ces véhicules dans un système de mobilité aérienne urbaine.»

A3 a dévoilé un ADAV à propulsion électrique appelé Vahana. Le prototype autonome a effectué son premier vol vertical en février.

«Le véhicule, c’est la partie facile. Le véritable défi consiste à intégrer des milliers de ces véhicules dans un système de mobilité aérienne urbaine.»

– Mark Cousin, Airbus A3

Selon l’étude de Porsche, les drones battraient tous les autres modes de transport, tels que les taxis, sur une distance de 20 kilomètres ou plus dans les zones très fréquentées.

Le rapport note cependant le potentiel limité de la technologie, soutenant qu’elle ne pourrait soulager qu’une partie de la pression dans les points chauds des zones urbaines congestionnées.

«Si l’on essayait de résoudre tous les problèmes de circulation au sol en se déplaçant dans les airs, la myriade de points de décollage et d’atterrissage deviendraient de nouveaux lieux d’embouteillage», indique-t-on dans le document.

D’après l’étude, une ville de plus de cinq millions d’habitants ne compterait probablement pas plus de 1 000 drones de passagers en service d’ici 2035. Cela réduirait relativement peu le trafic terrestre.

Uber a cité Los Angeles comme une ville de lancement attrayante en partie à cause de l’abondance des toits plats qu’on trouve là-bas. Une réglementation de longue date en matière de sécurité incendie exigeait des aires d’atterrissage pour hélicoptères au sommet de gratte-ciel.

«Mais ils ne sont pas vraiment adaptés, il ne s’agit pas seulement d’un point de départ et d’arrivée, a déclaré Robin Lineberger, responsable de l’aérospatiale et de la défense chez Deloitte.

«Il faut que ce soit un endroit où les gens viennent, se préparent à monter dans un appareil… le véhicule doit atterrir, se recharger, faire le plein, peut-être subir un entretien léger et une inspection. Si vous y réfléchissez, il faut vraiment une petite zone de desserte aéroportuaire multifonctionnelle.»

Les grands stationnements du centre-ville sont prêts pour être convertis en héliports, avec des tapis roulants, des stations de chargement et des hangars, a-t-il dit.

Les assurances fonctionneraient de la même manière que celles d’un fabricant d’hélicoptères ou d’un service de transport, a précisé M. Lineberger, avec des primes qui dépendent de la probabilité et de la gravité des accidents.

Cependant, la perception du public demeure un problème à court terme. Un sondage mondial mené cette année par Deloitte auprès de 10 000 personnes a révélé que moins de la moitié d’entre elles étaient convaincues que les voitures volantes seraient sûres. Un tiers des répondants étaient indécis et un sur cinq était en désaccord.

 


Imprimer cette page



connexes


Commentaire:

Your email address will not be published. Required fields are marked *

*