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nouvelles   09-03-2018   by Allan Janssen

L’entente CASIS fonctionne-t-elle ?


Des points de vue contradictoires révèlent la nécessité d’évaluer les progrès et les revers dans la bataille en cours pour le «Droit à la réparation».

Convaincue que les constructeurs automobiles traînent les pieds sur les informations d’entretien, la télématique et les protocoles de sécurité, la National Automotive Trades Association (NATA) affirme qu’elle envisage de prendre une position beaucoup plus combattive pour faire avancer l’accord volontaire existant.

Le changement radical de position est devenu évident lors de l’assemblée générale annuelle de la NATA en janvier, lorsque de nouveaux dirigeants ont été élus, avec un programme très clair afin d’élargir la portée de la Norme canadienne visant les renseignements sur l’entretien des véhicules automobiles (CASIS).

John Cochrane, propriétaire de Cochrane Automotive et nouveau président de la National Automotive Trades Association (NATA)

Selon John Cochrane, le nouveau président, garantir un accès complet aux technologies de la sécurité et aux données télématiques est essentiel à la survie du marché indépendant des pièces de rechange.

« Il est temps de faire bouger les choses, a déclaré M. Cochrane au magazine CARS. L’accord qui a été conclu il y a près de neuf ans ne reflète pas ce qui se passe sur le terrain aujourd’hui. »

L’entente a été conçue pour assurer un accès de l’après-marché aux informations, aux outils et à la formation sur les services automobiles EO. M. Cochrane aimerait que des protocoles de sécurité soient ajoutés à la liste. La plupart des constructeurs automobiles le prévoient, mais certains – notamment Honda et Toyota – n’ont toujours pas fourni de renseignements de sécurité au marché secondaire canadien.

Ronald Tremblay, propriétaire de The Garage à Vancouver et président de l’Automotive Retailers Association of British Columbia

Ronald Tremblay, propriétaire de The Garage à Vancouver et président de l’Automotive Retailers Association of British Columbia (ARA), a déclaré que le marché de l’après-vente risque d’être mis sur la touche si des changements ne sont pas apportés.

« Les choses sont restées figées depuis neuf ans, a-t-il dit. La voiture n’est pas restée figée depuis neuf ans. Elle a avancé incroyablement pendant ce temps, mais la collaboration entre les industries et l’entente CASIS n’ont pas avancé du tout. »

Selon lui, le problème majeur est que les techniciens ne consultent pas suffisamment le site Web de CASIS – www.oemrepairinfo.ca – lorsqu’ils ont besoin de renseignements sur l’entretien.

« Si nous voulons démontrer que l’entente doit être revue et que certaines formulations doivent être renforcées, nous avons besoin de beaucoup plus d’utilisateurs, a-t-il déclaré. Nous n’avons pas le choix. Ensuite, nous pouvons exposer là où l’entente ne fonctionne pas et où elle ne nous sert pas correctement. Nous devons trouver les points faibles. »

M. Tremblay aimerait aussi voir plus de réunions CASIS, comme le prescrit l’entente elle-même.

« Il est prévu que quatre comités se réunissent au moins une fois par an, recueillent des informations et soient responsables de quatre aspects différents de l’entente CASIS. Cela n’a jamais été mis en place. Il était clair qu’il était temps de passer le flambeau. Je suis heureux de voir que des gens se présentent pour comprendre comment faire ce travail, parce que ce sont les techniciens qui en souffrent.

Diane Freeman, directrice générale de l’Automotive Aftermarket Retailers of Ontario

« Nous aimerions tous que cette entente soit une réussite, a déclaré Diane Freeman, directrice générale de l’Automotive Aftermarket Retailers of Ontario, une association membre de la NATA. Actuellement, tous les constructeurs ne donnent pas accès aux informations de sécurité, et nous affirmons simplement qu’ils doivent respecter l’entente qu’ils ont signée. »

Leur affirmation à l’effet que l’entente CASIS ne fonctionne pas n’est cependant pas partagée par tout le monde. Certains acteurs clés de la bataille appelée « Droit à la réparation » signalent qu’ils n’ont pas de problème à obtenir de l’information sur les services automobiles, et que la sécurité des véhicules est soutenue par 14 des 18 constructeurs automobiles actifs au Canada.

John Norris, président de la Hamilton District Autobody Repair Association (HARA)

« Je ne comprends pas pourquoi certaines personnes veulent que nous prenions une position accusatoire contre les EO. Je ne comprends pas ça. Ils ont toujours été coopératifs. Ils ont fait tout ce que nous avions demandé », a déclaré John Norris, président de la Hamilton District Autobody Repair Association (HARA) et président actuel du groupe de travail CASIS.

« CASIS fonctionne bien, a-t-il déclaré. J’admets qu’il faut beaucoup plus de publicité, et nous le faisons. »

M. Norris a déclaré qu’un site Web réorganisé – www.oemrepairinfo.ca – facilite la recherche et, qu’à ce jour, il y a très peu de plaintes quant aux problèmes d’accessibilité.

« Il y a très peu de plaintes, a-t-il dit. Elles ont toutes été sans objet ou mineures. »

Quant à la notion de réunions publiques où les techniciens et les propriétaires d’atelier peuvent poser des questions, M. Norris a dit qu’il y a peu d’intérêt et pas de financement pour cela.

Selon lui, le type de réunion tenue par le National Automotive Service Information Task Force (NASTF) aux États-Unis, où des centaines de personnes se rendent, est irréaliste pour le Canada.

« Je ne pense pas que vous pourriez avoir ce genre de participation au Canada. Nous avons essayé de le faire l’année dernière au Toronto International Auto Show. Nous pensions que ce serait une excellente occasion d’organiser une réunion là-bas, mais il n’y a tout simplement pas de financement pour cela. Personne ne veut soutenir cela financièrement. »

D’après M. Norris, les nouvelles technologies telles que ADAS (Advanced driver-assistance systems ou aide à la conduite en français) sont couvertes par l’entente sous le terme de « successor technologies » («technologies nouvelles»). Et bien que la télématique ne soit pas dans l’entente américaine, il n’y a rien dans l’entente canadienne qui l’exclue.

« Cela permet au marché de l’après-vente d’accéder aux données et de réparer les nouveaux véhicules », a-t-il déclaré.

D’un autre côté, la sécurité des véhicules n’est pas expressément couverte par l’entente CASIS, a-t-il reconnu, mais la majorité des constructeurs automobiles l’ont mise à la disposition de l’après-marché au Canada.

« Plutôt que de réécrire l’entente, j’aimerais voir une action concertée pour que les quatre qui n’y sont pas – Honda, Toyota, BMW et Mercedes – soient impliqués, a-t-il déclaré. Tout est fait pour les amener dans l’entente. Nous nous sommes rencontrés à de nombreuses reprises pour les convaincre de l’importance de faire partie du programme. Mais la décision leur appartient. »

Rob Lang, qui a été remplacé en tant que président de la NATA par M. Cochrane, dit qu’il s’inquiète de la façon dont les constructeurs vont réagir à une position plus combattive de la NATA.

« Si vous maintenez les constructeurs sur la touche, ils peuvent se retirer. C’est un accord volontaire après tout », a-t-il déclaré.

« Toutes les rumeurs à l’effet que l’entente CASIS ne fonctionne pas et qu’il y a beaucoup de problèmes, je ne peux pas croire que c’est le cas. Nous n’avons pas entendu parler de problèmes légitimes avec l’entente CASIS. Les plaintes que nous avons reçues sont souvent liées à la technologie, lorsque quelqu’un ne sait pas comment naviguer sur le site. L’autre problème que nous avons connu est le souhait que l’information devrait être gratuite. Ce n’est tout simplement pas raisonnable.  »

Mme Freeman croit que le petit nombre de plaintes reçues par NATA est lié à des contraintes de temps dans les ateliers de réparation indépendants, les recycleurs de véhicules, les entreprises de remorquage et les ateliers de carrosserie. Ils n’ont tout simplement pas le temps de passer à travers les obstacles bureaucratiques au cours d’une journée de travail.

« Je pense que nous ne recevons pas de plaintes parce qu’il y a tellement de frustration de la part des techniciens qu’ils ne vont même plus sur le site Web de la NATA, a-t-elle déclaré. Quand un véhicule se trouve dans une aire de service, ils doivent le réparer rapidement. S’ils ne peuvent pas obtenir des informations rapidement, ils doivent trouver une solution de rechange. C’est ce qu’ils font, et ils ne communiquent pas avec la NATA pour dire qu’ils ont du mal à obtenir des informations techniques. Ils ne font que réparer la voiture et continuer. »

M. Tremblay concède que certaines critiques à l’égard de l’entente CASIS découlent d’une mauvaise compréhension de ce qu’elle recouvre.

« Le contenu réel de l’entente CASIS elle-même – je l’ai lue moi-même pour m’assurer que je la comprends – est assez clair sur ce qui peut être fait ou non. Cela a été très souvent réitéré par John Norris et Rob Lang pendant neuf ans, a-t-il dit. L’entente n’est pas particulièrement forte. Rendre l’information disponible est ce qu’elle promet, mais personne n’a accepté de la rendre facile ou durable. »

Il estime que l’entente ne sera améliorée que si l’après-marché est en mesure de démontrer ses défauts.

« Au cours des neuf dernières années, l’entente n’a pas été utilisée ou exercée dans la mesure du possible, a-t-il dit. L’AIA est allée voir le gouvernement fédéral et le gouvernement a reculé un peu en disant : « Nous avons passé deux ans à travailler sur cette entente, et nous n’allons pas passer à la législation simplement parce que vous dites que cela ne fonctionne pas. Prouvez-le. » »

Il encourage les propriétaires d’atelier et les techniciens à dire à leur association locale ce qu’ils pensent de l’avenir de la réparation automobile indépendante et de l’entente CASIS.

« Donnez votre avis, que ce soit pour ou contre, car ce n’est qu’avec une communication améliorée que nous pourrons obtenir l’entente dont nous avons besoin », a-t-il déclaré.

Qui est impliqué  ?

L’entente CASIS a été signée en septembre 2009 par les regroupements suivants :

* Global Automakers of Canada (GAC) anciennement connu sous le nom de l’Association of International Automobile Manufacturers of Canada (AAIMC)

* Canadian Vehicle Manufacturers Association (CVMA)

* National Automotive Trades Association (NATA), en français l’Association canadienne des professionnels de l’automobile (APCA)

En janvier 2011, un autre signataire s’est joint à l’entente :

* Association des industries de l’automobile du Canada (AIA)

Les associations affiliées à NATA:

* Automotive Aftermarket Retailers of Ontario (AARO)

* Collision Repair Association of Nova Scotia (CRANS)

* Automotive Recyclers of Canada (ARC)

* Automotive Retailers Association of British Columbia (ARA)

* Automotive Service and Repair Association of Alberta (ASRA)

* Saskatchewan Association of Automotive Repairers (SAAR)

* Automotive Trades Association of Manitoba (ATA)

* Hamilton District Autobody Repair Association (HARA)

* The Saskatchewan Independent Automotive Providers (SIAP)


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