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nouvelles   17-04-2019   by David McHugh, The Associated Press

L’ancien PDG de Volkswagen est accusé de fraude en Allemagne


Les procureurs allemands ont accusé l’ancien PDG de Volkswagen, Martin Winterkorn, ainsi que quatre autres personnes, de fraude dans le scandale des moteurs diesels truqués.

Les procureurs ont déclaré lundi que M. Winterkorn était au courant de ce trucage depuis au moins mai 2014 et qu’il n’avait pas réussi à y mettre un terme.

Cela contredit son affirmation selon laquelle il ne l’aurait appris que peu de temps avant que les enquêteurs américains ne l’aient annoncé en septembre 2015. M. Winterkorn avait démissionné de son poste de PDG cinq jours plus tard.

VW a admis avoir installé dans ses voitures au diesel des logiciels qui activaient le système antipollution lorsque les véhicules étaient testés et les éteignaient une fois sur la route. Cela donnait l’impression que les voitures respectaient les limites strictes imposées par les États-Unis en matière de polluants nocifs appelés oxydes d’azote.

Au total, quelque 11 millions de voitures dans le monde ont été équipées du logiciel illégal.

Les procureurs ont déclaré que les accusés – tous des dirigeants de Volkswagen – faisaient partie d’une tricherie amorcée en 2006.

M. Winterkorn, âgé de 71 ans, et les autres coaccusés, dont l’identité n’a pas été dévoilée, risquent de six à dix ans d’emprisonnement s’ils sont déclarés coupables de fraude aggravée entraînant des pertes graves. Les autres accusations incluent la concurrence déloyale et l’abus de confiance.

Les procureurs ont déclaré que les accusés pourraient également être contraints de renoncer à des primes allant de 300 000 euros à 11 millions d’euros (340 000 à 12,45 millions de dollars).

Aux États-Unis, M. Winterkorn est déjà sous le coup d’une inculpation de fraude et de complot en vue de contrevenir au Clean Air Act et risque jusqu’à 20 ans de prison. Mais il ne peut pas être extradé d’Allemagne vers les États-Unis.

L’avocat de M. Winterkorn, Felix Doerr, a déclaré que la défense ne pouvait commenter le cas allemand, car les procureurs n’avaient pas ménagé la possibilité d’examiner les dossiers. Me Doerr a déclaré que les procureurs avaient remis sept DVD ainsi que des centaines de dossiers de documents le 5 avril.

L’acte d’accusation de 692 pages a été déposé devant un tribunal local de Braunschweig vendredi dernier. Le tribunal décidera si l’affaire sera jugée.

Les procureurs ont notamment déclaré que les accusés avaient procédé à une mise à jour du logiciel évaluée à 23 millions d’euros en 2014 pour tenter de dissimuler la véritable raison de la hausse des émissions polluantes pendant la conduite sur route des véhicules.

Les procureurs ont indiqué qu’ils enquêtaient toujours sur 36 autres suspects.

L’implication de Volkswagen dans l’enquête de Braunschweig a pris fin l’année dernière avec une amende d’un milliard d’euros. Volkswagen a noté que l’acte d’accusation était dirigé contre des individus et qu’il n’avait pas d’autre commentaire à formuler.

Cette mise en accusation des procureurs n’est que l’une des procédures judiciaires déclenchées par le scandale.

Volkswagen a versé plus de 27 milliards d’euros (31 milliards de dollars) en amendes et règlements au civil.

Le constructeur automobile a présenté ses excuses et plaidé coupable à des accusations criminelles aux États-Unis, où deux dirigeants ont été condamnés à une peine d’emprisonnement et six autres accusés, bien qu’ils ne puissent être extradés.

Le 15 mars dernier, la Securities and Exchange Commission (SEC) a accusé la société et M. Winterkorn d’avoir fraudé les investisseurs par des déclarations trompeuses concernant la qualité des véhicules et leur conformité environnementale.

Les investisseurs allemands réclament également des dommages et intérêts.

Le scandale a déclenché un examen approfondi des émissions de diesel dans l’ensemble du secteur. Il s’est vite avéré que de nombreux modèles d’autres constructeurs émettaient également beaucoup plus de pollution sur la route que sur les bancs d’essai, en raison des lacunes réglementaires exploitées par les constructeurs automobiles, telles que la désactivation du contrôle des gaz d’échappement à certaines températures afin de réduire l’usure des moteurs.

Les ventes de diesel, qui représentaient autrefois la moitié du marché automobile européen, ont fléchi.

Cela a sapé les projets des constructeurs d’utiliser les moteurs diesels – qui permettent un kilométrage plus long – afin de respecter les limites plus strictes imposées par l’Union européenne en 2021 en ce qui concerne les émissions de dioxyde de carbone, principal gaz à effet de serre à l’origine du réchauffement climatique.

Une des conséquences de ce scandale a été une pression accrue pour développer des voitures à piles afin d’éviter de lourdes amendes pour violation des nouvelles limites d’émissions. Volkswagen prévoit consacrer 30 milliards d’euros au développement de véhicules électriques d’ici 2023.

La société a assez bien résisté au scandale pour ravir le titre de plus grand constructeur automobile mondial à Toyota. L’année dernière, sous la direction du PDG Herbert Diess, Volkswagen a vendu un nombre record de 10,83 millions de véhicules, générant un bénéfice d’exploitation de 13,9 milliards d’euros.


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