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nouvelles   23-01-2019   by Adam Malik

Dan Scrivens, figure marquante du marché secondaire, n’est plus


Daniel Scrivens est décédé le 14 janvier 2019 à l’âge de 94 ans.

Daniel Scrivens est décédé subitement à Calgary, le 14 janvier dernier, à l’âge de 94 ans.

L’homme a connu une longue et riche carrière dans le marché secondaire de l’automobile, principalement dans l’Ouest canadien.

Après avoir suivi une formation de mécanicien alors qu’il était soldat dans l’armée britannique, M. Scrivens a d’abord travaillé dans plusieurs ateliers au début de sa carrière, avant de devenir propriétaire d’une station-service Gulf comptant trois aires de service en 1961.

Après l’expiration du bail de la station-service, en 1975, sa femme et lui ont ouvert un magasin de pièces d’auto, Automotive Village Parts.

«Le milieu des années 1970 a marqué la naissance du commerce de détail automobile dans l’Ouest canadien»,  mentionne Sean Corcelli, collègue et ami de longue date, qui a pris sa retraite comme vice-président régional de la division des Prairies chez Uni-Sélect en 2017.

M. Scrivens a poussé pour obtenir des salles de montre plus grandes, plus lumineuses et plus colorées. Il tenait beaucoup au marchandisage et misait les stocks.

«Le service à la clientèle était son objectif. Toute sa vie, il a veillé à ce que le client soit traité correctement et poliment. Il a exigé que son personnel soit soigné, bien rangé, professionnel et porte une chemise identique», souligne Janice, fille de M. Scrivens, directrice de la vente au détail et première employée au sein de l’entreprise.

Daniel Scrivens, au centre, derrière le comptoir, à la suite de l’ouverture d’un nouveau magasin Bumper to Bumper à Forest Lawn en 1991.

«En 1975, nous vendions à 100 % au détail. Il s’assurait que tout était bien propre, que les marchandises étaient facturées, que les clients étaient accueillis dès qu’ils frappaient à la porte, qu’on leur demande s’ils avaient besoin d’aide et qu’on les laisse seuls s’ils le voulaient. Si vous ne pouviez pas faire ça pour lui, alors vous ne pouviez pas travailler pour lui.»

Il a veillé à ce que son activité intègre le bricoleur après avoir constaté que les marchands traditionnels ignoraient le marché.

«Le phénomène du ʺFaites-le vous-même” a balayé le marché secondaire», se souvient M. Corcelli à propos de cette époque.

Quelques années plus tard, le magasin adopte le nom de Bumper to Bumper, alors propriété d’Acklands, et se développe dans tout le sud de l’Alberta. La famille joue un rôle essentiel dans la croissance de l’entreprise.

«Il nous a tous mis au travail et nous avons dû travailler plus que tous les autres membres du personnel, car nous devions montrer l’exemple», se remémore Janice.

Après le déménagement du centre de distribution d’Acklands à Edmonton, Daniel Scrivens a ouvert un entrepôt, Central Auto Parts, en 1989, afin de pouvoir alimenter directement et plus rapidement ses magasins. En 1999, l’entreprise a construit un nouvel établissement de 64 000 pieds carrés répartis sur trois étages.

«Sa philosophie était: “Je veux les pièces que les gens veulent et je les veux en stock.” Le stock était sa passion», dit Janice.

À l’intérieur du magasin de Forest Lawn en 1991.

En 1996, M. Scrivens quitte Bumper to Bumper et devient actionnaire de l’Aftermarket Auto Parts Alliance. Il  change le nom de son magasin pour celui d’Auto Value, qui compte aujourd’hui 14 succursales.

M. Scrivens laisse le souvenir d’un homme gentil, honnête et juste qui aimait les gens et se faisait un devoir de tout mettre en œuvre pour bien communiquer avec eux.

Ce qui distingue également M. Scrivens, c’est sa capacité à être en avance sur son temps.

«Toujours attentif aux produits et aux magasins, Dan était parfois frustré d’attendre que l’industrie “le rattrape”», indique M. Corcelli.

«Le commerce de détail était complètement inconnu à cette époque. Il a en quelque sorte entraîné tout le monde», affirme Janice, se rappelant que son père achetait tout ce qu’il pouvait pour remplir les étagères de son magasin. «Il achetait tout ce que quelqu’un pouvait apporter, alors nous avions pratiquement tout.»

M. Scrivens embauchait même des femmes dans ses magasins, «bien avant que ce soit à la mode et admis», souligne Janice. «Si vous pouviez faire le travail, vous le gardiez. Il y avait beaucoup, beaucoup de femmes qui travaillaient dans ses magasins de pièces d’auto, ce qui est normal aujourd’hui mais très inhabituel à la fin des années 1970 et au début des années 1980.»

Par ailleurs, M. Scrivens a été membre de l’Association des industries de l’automobile du Canada et du club Rotary local.

L’industrie se souvient aussi de lui comme d’une force motrice pour établir la présence du marché secondaire dans l’Ouest canadien.

«Dan était un entrepreneur brillant, exigeant et juste, qui incitait toujours son entourage à devenir meilleur. Son sens de l’humour était contagieux, souligne M. Corcelli. Sa famille incarne son esprit et sa recherche de l’excellence.»

M. Scrivens a eu six enfants, 16 petits-enfants et six arrière-petits-enfants. Une célébration en son honneur a eu lieu le 20 janvier dernier en présence de 300 personnes.

 


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