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L'automobile
Article de fond   08-08-2018   by Nathalie Savaria

Transport intelligent et mobilité électrique: que nous réserve le futur?


Lisez la chronique de notre expert en environnement et innovation, Yves Racette, parue dans le numéro de juillet-août 2018 du magazine L’automobile.

Un camion électrique de l’entreprise québécoise Nordresa.

Connaissez-vous l’événement Movin’On ? Présenté par Michelin avec C2, partenaire organisateur, Movin’On est le sommet mondial de la mobilité durable dont la mission est de passer « de l’ambition à l’action ».

Grâce à un écosystème réunissant plus de 4 000 leaders du monde éducatif, politique, municipal et des affaires, Movin’On vise à identifier et à mettre en place des solutions concrètes pour répondre aux grands défis de la mobilité d’aujourd’hui et de demain.

J’ai assisté en mai dernier à Montréal à cet événement d’échanges, qui se donne le mandat d’assainir nos déplacements et de promouvoir des transports plus verts et plus sains tout en réfléchissant à des moyens concrets pour décongestionner les artères des grandes villes.

Chaque jour, dans un grand centre comme Montréal, près de 500 000 véhicules en route vers le travail comptent un seul passager à leur bord. Par habitude, par manque de disponibilité d’un moyen de transport collectif dans leur secteur ou encore à cause d’un horaire de transport régional qui ne correspond pas à leurs besoins personnels, bon nombre de personnes continuent de privilégier l’utilisation de leur véhicule en solo.

Les emplois évoluent et nous devrons évoluer aussi dans notre façon d’utiliser nos modes de transport, qu’ils soient collectifs ou personnels. Les entreprises sont appelées à réévaluer l’application du télétravail quand cela est possible, à réfléchir à des horaires plus souples permettant d’éviter les heures de pointe ou encore à des locaux situés à proximité des transports collectifs dans les grands centres.

L’électrification des transports est une solution parmi plusieurs autres pour dépolluer les grands centres, mais ce sera par l’utilisation de choix collectifs stratégiques qu’il faudra penser au développement futur des transports dans les grands centres. Et il faudra peut-être prendre des moyens radicaux pour y parvenir.

Les ponts construits, et ceux qui sont actuellement en construction, à Montréal ne favorisent pas le passage d’un nombre plus important de véhicules à l’heure de pointe. Certes, des voies réservées permettent aux autobus d’y circuler en grand nombre aux heures d’affluence. Durant la belle saison, des pistes cyclables sur certains ponts favorisent une mobilité active. D’ici quelques années, un train léger qui franchira le futur pont Champlain desservira la grande région de Montréal.

Mais, en parallèle, les camions semi-remorques continuent d’affluer et de circuler en ville durant les heures de pointe, ce que la plupart des grandes villes en Amérique du Nord ont interdit avec brio. Une telle interdiction devrait voir le jour ici aussi. Ces camions polluent, nuisent à la fluidité de la circulation et n’ont pas leur raison d’être en ville, et encore moins aux heures de pointe.

Des points de chute à l’extérieur des grands centres et des services de livraison effectués par des véhicules plus petits et plus verts s’avèrent la meilleure solution.

Des camions de livraison et des autobus électriques sont maintenant offerts par différentes entreprises québécoises, dont Autobus Lion (désormais appelée Compagnie Électrique Lion) de Saint-Jérôme, qui, en plus d’avoir des autobus scolaires électriques, a dévoilé cette année à Movin’On son autobus urbain 100 % électrique. Nordresa, une entreprise de Laval, électrifie les camions de livraison. Tout cela sans parler des vélos à motorisation et à assistance électrique, des taxis électriques et de l’autopartage qui diversifient l’offre de transport collectif dans les grandes villes.

Avec tant de solutions possibles, espérons que nous n’en viendrons pas à laisser entrer dans les grands centres les véhicules à moteur à combustion selon le numéro de plaque d’immatriculation : les nombres pairs les lundis et les mercredis et les nombres impairs les mardis et les jeudis, comme dans certaines grandes villes du monde. Cette solution draconienne imposant une forme de covoiturage serait un moyen de décongestionner nos grands centres urbains, mais il y en a d’autres avant elle.

 


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