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L'automobile
Article de fond   26-06-2018   by Nathalie Savaria

Rond-point


Nous reproduisons le mot de la fin de notre rédacteur sénior, Michel Poirier-Defoy, paru dans le numéro de mai-juin 2018 du magazine L’automobile.

C’est en écoutant la ballade de Mme Bolduc intitulée Ça va venir découragez-vous pas que l’idée m’est venue : qu’est-il advenu de tous ces intervenants, dirigeants, consultants, conférenciers, formateurs et autres bien-pensants nantis d’une longue expérience dans le domaine, qui gravitaient dans le giron de l’après-marché et qui possédaient chacun leur formule magique ? Je parle de toutes ces recettes supposément incontournables qui devaient rendre votre commerce unique au point que la clientèle devait affluer. Ceux qui restent de nos jours ont été contraints de passer à la version 2.0 !

Le vieil adage veut qu’il faille regarder d’où on vient pour savoir où on s’en va. C’est ce qui s’était produit lorsque le monde de l’après-marché s’était pris en main dans les années 1970. On se rendait compte qu’il fallait se structurer avec des regroupements, des grossistes, des bannières, des congrès et même des tournois de golf ! Ce fut en quelque sorte l’âge d’or de l’industrie qui devait en profiter pendant plus d’un quart de siècle.

Ce qu’il faisait bon se rendre à son colloque annuel et entendre les paroles de ces preachers couler comme de l’eau de source afin de nous montrer le chemin de la lumière, la recette du bonheur et la voie de la profitabilité. Chacun repartait gonflé à bloc, la tête bourrée d’idées pour conquérir le monde… automobile.

Pendant cette période, tous ceux qui prétendaient posséder la clef du succès ou la méthode infaillible à suivre se sont multipliés à un rythme effarant. Tout y est passé : la conférence, la formation en atelier, les fiches de rendement, du PowerPoint jusqu’à l’analyse périodique des résultats.

Le dicton séculaire qui veut que le passé soit garant de l’avenir ne tient plus. Il ne sert plus à rien de regarder l’écran du tableau de bord pour savoir ce que la caméra dans le pare-chocs nous réserve, parce que les paradigmes ne sont plus les mêmes.

Plus récemment, on a ajouté quelques couches. Il fallait un site Internet, une page Facebook, une présence sur les réseaux sociaux, de la relance téléphonique ou par courriel; bref, on devait solliciter le client jusque dans son salon afin de le revoir dans son atelier. Aller demander à un propriétaire de petite entreprise qui cumule déjà plusieurs chapeaux – technicien, gérant d’atelier, commis au comptoir, acheteur et comptable – de devenir un gourou du pitonnage… Pas évident pour un individu qui avait été initié au métier avec le système ALDL de GM dans les années 1980 !

Le dicton séculaire qui veut que le passé soit garant de l’avenir ne tient plus. Il ne sert plus à rien de regarder l’écran du tableau de bord pour savoir ce que la caméra dans le pare-chocs nous réserve, parce que les paradigmes ne sont plus les mêmes.

De nos jours, le concept du véhicule automobile a de moins en moins à voir avec les produits qui ont occupé la scène pendant un siècle. À chaque décennie, l’évolution est plus importante que tout ce qui a été concocté depuis les tout débuts au XIXe siècle. Avec l’hybride et l’électrique qui prennent du volume, le diesel qui s’essouffle et l’hydrogène et le véhicule autonome qui se pointent, il y a de quoi en perdre sa clef à molette.

Bienvenue à ces nouveaux consultants qui ont ajusté le tir et sont devenus plus conscients de la réalité à laquelle font face les propriétaires d’atelier. Ils ont refait leurs devoirs et l’optimisme quasi contagieux a fait place à une stratégie plus pragmatique.

Heureusement, parce que le monde de l’après-marché arrive à une nouvelle intersection en forme de carrefour giratoire où chaque voie représente un défi à relever. Dans la première avenue, il y a le spectre des entretiens qui ne cessent de diminuer, l’équipement à renouveler constamment et la dépendance envers les manufacturiers souvent onéreuse. Dans la seconde, il y a la force de travail qui se fait moins présente et le renouvellement du personnel qui pose problème. Finalement, l’âge moyen du propriétaire d’atelier va bientôt égaler celui de la retraite et la relève ne sera pas évidente.

Il est malheureux de constater que les centres de formation professionnelle peinent à faire le plein de candidats et que plusieurs ateliers ferment chaque mois au Québec. Il est grand temps que ceux qui représentent notre secteur de l’industrie arrêtent de tergiverser et commander des études. Qu’ils prennent les moyens pour que leur lobbying auprès des instances gouvernementales donne des résultats.

 

 

 


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