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L'automobile
Article de fond   28-08-2018   by Nathalie Savaria

Régions


Nous reproduisons le mot de la fin de notre rédacteur sénior, Michel Poirier-Defoy, paru dans le numéro de juillet-août 2018 du magazine L’automobile.

On a fait grand cas du manque d’inscriptions aux différents programmes dans les centres de formation professionnelle à travers le Québec. Pour un élève qui termine son secondaire, les perspectives d’avenir semblent moins roses quand il s’agit de devenir technicien automobile, comparativement à bien d’autres possibilités dans le monde du travail. Pour ces candidats, il est souvent fait mention des difficultés à surmonter en début de carrière avant de stabiliser leur situation : salaire, outillage, formation et avancement. Il se trouve même des vétérans pour affirmer qu’ils en veulent trop et trop vite ! En bref, il faut vraiment aimer le métier et être patient pour réussir.

Cependant, il y a peut-être une lueur qui scintille au bout du tunnel. Les régions. Chaque petite municipalité ou agglomération de moins de 5 000 habitants possède son atelier de réparation, quand ce n’est pas deux, qui demeure le plus souvent la seule source d’entretien pour des véhicules automobiles. La clientèle n’a pas d’autre choix que de s’y rendre, car l’automobile est une obligation dans ces lieux où le transport alternatif est inexistant. De plus, il n’y a pas davantage de véhicules électriques ou de produits haut de gamme puisque tant les bornes de recharge que les concessionnaires sont généralement à des dizaines de kilomètres. Les régions demeurent donc des pépinières de prédilection pour le marché secondaire.

Or, les propriétaires vieillissants de ces ateliers manquent de main-d’œuvre, et ce, au même titre que des milliers de commerces au Québec. Certains atteignent l’âge vénérable de la retraite sans trouver d’aide ou de repreneur pour leur entreprise, et doivent se résigner à fermer boutique, le cœur brisé. Si bien que ces patelins voient leur tissu social s’effriter avec un autre établissement fantôme et des pertes comme l’école du village devenue hôtel de ville, le bureau de poste, le guichet bancaire, la quincaillerie… et même le presbytère !

Il y a donc de la place pour des jeunes techniciens qui ont fait leurs classes au sortir de l’école afin d’acquérir un minimum d’expérience et qui désirent améliorer leur sort. Il est possible de dénicher l’endroit de prédilection dans plus d’un village qui souhaite rajeunir sa force de travail, ou bien de trouver un propriétaire qui pourrait envisager une retraite progressive. Sinon, il existe sûrement un atelier à vendre pour un montant raisonnable ou un local vide en quête d’une seconde vie.

Et les avantages sont plus nombreux qu’on pense. En région, la clientèle est plus ou moins captive. Si on la traite bien, le mot se propage en un rien de temps et le carnet de rendez-vous se remplit. Le véhicule type n’est pas aussi récent, ce qui suppose plus d’entretien qui ne se rendrait pas chez le concessionnaire. Le under the car compose le plus clair des interventions, mais le under the hood n’est pas étranger à ceux qui veulent mettre leur scanner et leur talent à profit. L’approvisionnement en pièces et en pneus ne pose pas problème : il y a toujours des distributeurs régionaux dont la fréquence de livraison est biquotidienne. L’accès à l’informatique, des systèmes de diagnostic aux commandes en ligne, est disponible.

Quand on questionne les élèves qui terminent leur DEP en automobile, il suffit de voir la lumière dans leurs yeux quand ils entrevoient la possibilité d’avoir leur propre atelier dans leur plan de carrière. Messieurs et mesdames, les occasions sont là, il s’agit de trouver la bonne et de se donner un peu de courage.

Le coût de la vie en région est tellement plus accessible, de l’hébergement aux loisirs. Pour le prix d’un loyer en ville, on règle une hypothèque en région. Les enfants iront peut-être à l’école dans le village voisin, mais le plein air leur profitera davantage. Pour les loisirs, il est probable que la piste de VTT ou de motoneige se trouve au bout de l’entrée de la maison, à côté du potager. Terminés les congestions et les cônes orange de la grande ville. Il est temps de remplacer les Jean-Paul, Roger et Michel par des Francis, Thomas et Mitch.

 

 


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