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Article de fond   28-11-2016   by Mark Cardwell (traduction JF Savoie)

Portrait – François Bergeron garagiste du coin à Saint-Ferréol


Francois Bergeron garagiste performance du coin Saint-Ferréol

Francois Bergeron garagiste performance du coin Saint-Ferréol

François Bergeron raconte que dans sa jeunesse il avait peu d’intérêt dans les sports comme le hockey, le baseball ou encore le ski alpin, lui qui a pourtant grandi dans le petit village de Saint-Ferréol-les-Neiges à 50 km au nord-est de Québec, tout près du Mont Sainte-Anne. Deux choses l’allumaient: les moteurs et la vitesse.

« J’étais fou pour tout ce qui avait un moteur et plus c’était rapide et mieux c’était», raconte François Bergeron, maintenant âgé de 36 ans. Selon les saisons, il filait à toute allure dans la belle région de Charlevoix en motoneige, VTT, motocross, voiture ou camion.

Premiers bricolages

Tous ses bolides, il les a bricolés et réparés dans le garage de ses amis ou encore à l’arrière de la station-service BP de son grand-père maternel, reconvertie en quincaillerie par l’un de ses oncles. À côté, un autre oncle, Daniel Lachance, a eu un atelier de carrosserie pendant 35 ans.

François a peint sa première voiture à cet endroit, une Honda Civic Si achetée à 15 ans avec son propre argent avant même d’avoir son permis de conduire. La couleur? Argent Mercedes.

Il la modifie avec des pièces trouvées dans des catalogues ou sur Internet.Il change le moteur de la Si pour un moteur Acura de 185 cv qu’il pousse à 600 chevaux.

« J’étais le gars le plus chanceux que je connaissais », se rappelle-t-il, lui qui a été élevé par sa mère seule, après le décès de son père à 30 ans. Mécanicien expérimenté, il a vécu son amour de la mécanique et de la vitesse pendant dix ans à Québec dans son propre atelier de performance.

Il est retourné tout récemment à ses racines à Saint-Ferréol en amenant avec lui sa passion automobile.

Francois Bergeron garagiste performance du coin Saint-Ferréol

Retour aux sources

Il y a trois ans, il a acheté le vieux garage de son grand-père et y a investi plus d’un demi-million de dollars pour en faire son garage de rêve. Le garage, rebaptisé Performance Québec, offre tout ce qu’il faut : vérins, boites à outils, tour à métal, une fraiseuse, deux scies à métal, un appareil de diagnostic Snap-on, un démonte-pneu et une soudeuse TIG.

Pour s’occuper des voitures, il a cinq postes de travail : deux sont réservés aux réparations mécaniques puis un entrepôt, un lave-auto et le seul dynojet de ce type dans la région.

François Bergeron nous explique que la majorité de son travail consiste en des réparations générales et de l’entretien de voitures de la famille, des amis et des résidents de Saint-Ferréol-les-Neiges, situé tout à côté de la station de ski de Mont-Sainte-Anne.

Les skieurs de fond qui se rendent au centre de ski de fond passent devant le garage Performance.

Ceci dit, une bonne partie de l’horaire de François Bergeron est investi dans les chevaux et couple. Selon lui, 30 % de son chiffre d’affaires lui vient de la partie performance de son garage pour des clients de différents coins de l’est du Canada et du nord-est américain. Les clients viennent de partout pour vérifier, ajuster ou optimiser leur Mustang, Camaro ou autre bolide suralimenté ou turbocompressé.

Bien avant Rapides et dangereux

« La voiture la plus cool que j’ai eue à mon garage? Une Corvette Z06 » raconte-t-il, lui qui a rencontré ses clients aux voitures de haute performance lors de nombreux événements à travers le Québec et l’Ontario. Il est souvent revenu avec les plus grands honneurs et trophées grâce à ses voitures de courses de rues qu’il fabriquait et conduisait bien avant que les films de la série Rapides et dangereux les mettent à la mode.

C’était également l’époque où les forces policières fermaient les yeux sur les courses illégales. Quelques concessionnaires de Québec comme Ford, GM, Chrysler et BMW font appel à ses services également quand vient le temps de muscler certaines voitures.

Il connaît bien le réseau des concessionnaires de la région car il porte également la casquette de distributeur régional de pièces d’auto de performance de la compagnie Johnson Research & Performance ou si vous préférez JRP.

Francois Bergeron garagiste performance du coin Saint-FerréolDistributeur JRP

Comment a-t-il décroché cet emploi? Par pur hasard. Il avait 22 ans et s’était blessé à une main en travaillant chez Max Auto Sports, un garage de performance, tout de suite après ses études en mécanique. « J’ai travaillé deux mois au service à la clientèle au comptoir.

J’étais tellement bon que mon boss ne voulait pas que je retourne dans l’atelier. »

Mais il y a un hic, la paperasse. Il se fatigue rapidement de toutes les complications et frustrations liées à la recherche et la commande des pièces pour moteurs, suspensions, freins et jantes à une époque où tout était encore sur support papier.

« C’était compliqué », raconte François Bergeron qui décide de démissionner. Il travaille un an dans un garage spécialisé en pneus puis retourne chez Max Auto Sports qui entre temps a été acheté par JRP. On le nomme alors distributeur régional pour tout l’Est du Canada. Il y restera les six années suivantes.

Malgré un très bon salaire, le temps et les opportunités qui se présentent pour vivre à plein son amour des voitures de haute performance, il s’ennuie de ne pas se salir les mains dans l’atelier.

Performance dans le parc industriel

En 2006, il quitte son emploi et fonde Performance Québec dans le parc industriel de la capitale. Il emploie alors quatre mécaniciens à temps plein et deux spécialistes de la haute performance qu’il pouvait appeler en renfort quand le garage avait trop de travail venant des concessionnaires et des clients privés.

François Bergeron mène sa nouvelle barque avec la même énergie, attitude et discipline qu’il met à chaque fois qu’il ouvre un capot.

« J’ai la passion des moteurs, qu’ils soient stock ou de haute performance. J’ai toujours travaillé fort comme tout le monde dans ma famille. J’aime les choses bien faites et le bonheur de mes clients. »

Francois Bergeron garagiste performance du coin Saint-FerréolLe garage du coin

En 2013, l’envie de retourner dans son coin le ramène à Saint-Ferréol avec son atelier sous le bras. « Les affaires étaient bonnes mais le stress de tout gérer et le fait que je ne travaillais pas beaucoup dans le garage ne me satisfaisait pas.

À la même époque, ma femme est tombée enceinte. J’ai décidé alors de retourner à la maison où tout avait commencé. »

Trois ans plus tard, François Bergeron n’a aucun regret. En jeans, la cigarette, le café, il répond au téléphone tout en commandant des pièces sur l’un ou l’autre des deux écrans d’ordinateur de son bureau encombré, tout juste à côté de son atelier où il savoure le fait de travailler tout seul, à son rythme et sur toutes sortes de voitures.

« J’ai beaucoup moins de stress dans ma vie maintenant » explique-t-il lui qui est pourtant un papa monoparental d’un garçon de trois ans qui démontre déjà un intérêt pour les voitures et les moteurs. « Je continue d’aimer faire de la haute performance mais j’aime tout autant sinon plus la mécanique générale parce qu’on y vit moins de stress et de pression. »

« Ce que j’aime le plus c’est de mettre mon talent et mes connaissances au service des gens. »


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