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L'automobile
Article de fond   01-09-2003   by Denis Beaulieu, Technicien en diagnostic

« Ma batterie neuve est morte » – Cherchez le drain !

Le client retontit : « Ma batterie est morte. Pourtant, je l'ai fait recharger il y a deux jours à peine ! ». Cette chanson, vous l'avez entendue souvent. Le client recharge une batterie qui semble pourtant « bonne », mais revient à l'atelier trois jours plus tard en invoquant plusieurs noms de saints.


Vous vérifiez le système de charge et la capacité de la batterie avec votre VAT (volt-ampère tester) ou votre Midtronic (fig 1). Tout semble pourtant en ordre.

Plusieurs facteurs peuvent affecter la performance de la batterie, mais vous vous devez de soupçonner une résistance électrique « fantôme » qui parasite le courant de la batterie et qui la draine de ses électrons, comme la sangsue qui draine le sang de sa proie.

Combien de milliampères se perdent lorsque le moteur est à l’arrêt ? Dans la majorité des véhicules, c’est environ 0,005 A (5 milliampères) qui se dissipent ainsi, notamment dans les mémoires numériques et les afficheurs à cristaux liquides. Jusqu’à 0,009 A peuvent se perdre sur des gros modèles très « équipés » comme les Cadillac ou les Lincoln Continental.

Sur un Buick LeSabre 1994, nous avons récemment observé un drainage de 0,025 A, un peu trop à notre goût. Pour ce faire, nous avons positionné notre pince à « ampérage » (en fait, on devrait dire « courant » ou « intensité électrique ») autour des fils de la borne positive (fig 2) de la batterie récemment rechargée.

On peut aussi brancher l’ampèremètre en série entre la borne positive de la batterie et les fils d’alimentation (fig 3), en débranchant, bien sûr, le pôle positif.

Dans un cas comme dans l’autre, on saura immédiatement en lisant « l’ampérage» si le drainage est excessif.

Mais le diagnostic ne s’arrête évidemment pas là : il faut trouver la provenance de ce drainage parasite !

Je vous propose une méthode par élimination.

Tout en gardant l’oeil sur la lecture du courant, essayez d’identifier les causes d’accès facile : boîte de fusibles, boîte de relais du compartiment moteur (main fuse relay box). Débranchez-les une à une. S’il n’y a pas de changement de lecture de courant, soupçonnez les fusibles à l’intérieur du véhicule. En dernier recours, débranchez l’alternateur, le démarreur, le moteur d’essuie-glace, le moteur de ventilation intérieure et tout autre système qui vous semble louche et qui pourrait causer un drainage excessif du courant de la batterie.

Dans le cas présent, en débranchant un gros fusible de 60 mA de la boîte de relais et fusibles du compartiment moteur (fig. 4), le courant est retombé à 0,004 A. C’est le fusible des instruments de bord.

Le même test à l’intérieur, avec les petits fusibles, me conduit plus spécifiquement au fusible 9-c cluster (fig. 5).

En suivant le schéma électrique, on voit que ce fusible est relié à l’alimentation de la mémoire numérique (digital) de la radio et de l’horloge, alimentation distincte du circuit principal de syntonisation.

Aussitôt le petit fil orange de cette alimentation débranché (fig 6), le courant est passé de 0,025 à 0,004 A. Bingo ! C’est l’affichage numérique de l’heure et la mémoire des stations qui drainait démesurément le « jus» de la batterie.


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