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L'automobile
Article de fond   22-05-2019   by Nathalie Savaria

L’entretien 2.0 ou l’avenir des ateliers


Voici un extrait d’un article écrit par Nathalie Savaria et paru dans le numéro du printemps 2019 de L’automobile.

Frank Tonon, directeur amélioration des produits et formateur chez Spectra Premium

Alors que les véhicules sont mieux conçus et nécessitent moins de réparations, beaucoup d’experts dans l’après-marché croient que l’entretien est la clé pour maximiser les revenus des ateliers et faire concurrence aux concessionnaires.

C’est le cas de Frank Tonon, directeur amélioration des produits et formateur chez Spectra Premium, qui possède plus de 40 ans d’expérience dans l’industrie, à titre de technicien expert et de formateur technique.

« Le sujet de l’entretien me tient à cœur, car c’est l’avenir des ateliers. On peut le voir avec tous les efforts déployés par les concessionnaires pour que les clients fassent faire l’entretien chez eux ! », s’exclame-t-il.

Or, selon lui, l’entretien a beaucoup changé ces dernières années. En fait, avec l’évolution technologique des véhicules, nous sommes passés de l’entretien 1.0 à l’entretien 2.0.

« L’entretien 1.0 est un procédé d’entretien qui date des années 1950. Pendant plusieurs décennies, les véhicules étaient équipés de la même manière. Il n’y avait rien de compliqué, et c’était un entretien à peu près standard pour tous les véhicules. Aujourd’hui, avec la technologie, l’entretien devient plus spécifique à chaque véhicule. »

Cet entretien spécifique ou 2.0 repose essentiellement sur le manuel d’entretien du manufacturier.

« Chaque manufacturier connaît exactement les besoins d’entretien de tous les systèmes sur ses véhicules. Parce que ces systèmes sont plus complexes, il y a maintenant beaucoup plus de choses à vérifier et à remplacer. Ainsi, l’entretien qui était basé avant sur un temps donné, comme un changement d’huile à 59,95 $ et une inspection en 15 ou 20 points, est impossible aujourd’hui. Par exemple, un entretien peut durer une heure et demie sur un Nissan à 45 000 km et deux heures sur un GMC. Comment puis-je vérifier et remplacer, suivant un tarif donné, tout ce que chaque manufacturier recommande sur un véhicule ? », s’interroge M. Tonon.

D’après lui, il faut offrir au client un entretien personnalisé de son véhicule basé sur le kilométrage et les normes d’entretien du fabricant. Une telle approche est bénéfique tant pour le client que pour l’atelier.

« L’entretien du fabricant donne l’heure juste au consommateur. Cet entretien, qui peut être étalé annuellement, permet au client de budgéter les réparations. Fini le temps où le consommateur doutait continuellement des réparations à faire, car l’atelier n’avait rien en main pour prouver que c’était la façon de procéder. De leur côté, tous les ateliers indépendants peuvent faire ce type d’entretien et conserver ainsi leurs clients. Le tarif horaire est en général moins élevé que chez le concessionnaire et l’atelier est aussi plus proche du client. »

Pour notre expert, les ateliers doivent conscientiser les propriétaires de voitures neuves ou usagées à l’importance de l’entretien 2.0, car il en va de leur survie. Et il a des arguments de poids pour les convaincre.

« Pour moi, l’entretien 2.0 signifie fiabilité, durabilité et sécurité du véhicule. Un véhicule bien entretenu aura une durée de vie prolongée et sera fiable plus longtemps grâce aux entretiens et aux remplacements requis. De plus, un véhicule payé coûte environ un tiers du coût des paiements effectués pour un véhicule loué ou acheté. Et s’il garde le véhicule deux ou trois ans après l’avoir payé, le consommateur fera une économie de plus de 150 % sur ce qu’il payait annuellement avant pour le prêt et l’entretien. »

Selon Frank Tonon, un véhicule neuf coûte en moyenne 10 000 $ (prêt, essence, assurances, immatriculation, entretien compris) par année. Si on enlève le coût du prêt pour la location ou l’achat de 6 000 $, la voiture ne coûte plus que 4 000 $ par année.

« Là, le véhicule est payant ! En plus, il aura un prix de revente supérieur, car il sera en bon état. »

La sécurité sur les routes est l’une des grandes préoccupations de Frank Tonon. Il est d’ailleurs un ardent défenseur de l’inspection de sécurité obligatoire.

« Un véhicule mal entretenu est une arme, souligne M. Tonon. Ça pèse lourd et ça a de la puissance. C’est dangereux, car ça peut entraîner des décès sur nos routes. »

 


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1 commentaire » for L’entretien 2.0 ou l’avenir des ateliers
  1. Roger Goudreau says:

    Pour être efficace, il faut travailler sur les deux volets.
    Pour se faire, l’industrie aurait besoin d’une inspection de sécurité standardisée pour tous les ateliers. Ensuite, on peut offrir l’entretien 2.0 recommandé par le manufacturier, comme ça, on couvre les deux besoins.

Commentaire:

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