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L'automobile
Article de fond   13-08-2018   by Nathalie Savaria

L’enseignement à vos futurs techniciens


Nous reproduisons la chronique de notre technicien et formateur expert Ghislain Roy, publiée dans le numéro de juillet-août 2018 du magazine L’automobile.

Plus les véhicules se perfectionnent, plus il faut s’adapter. Comme vous l’avez sûrement remarqué, les nouveaux jeunes employés sont légèrement « différents » de ceux que vous aviez l’habitude d’engager au début des années 2000. Parfois, c’est pour le mieux (ils utilisent les technologies plus facilement), parfois, c’est pour le pire (ils oublient la mécanique derrière les technologies). Cela dit, au-delà des générations, j’ai pensé vous présenter un outil indispensable pour l’enseignement : le banc d’essai d’un moteur représentatif du marché (photo 1).

Photo 1

Pour accélérer l’apprentissage des jeunes en ce qui concerne les modules d’injection, d’allumage et d’air climatisé, nous utilisons des moteurs sur banc d’essai fonctionnel qui nous permettent de créer rapidement des dizaines de symptômes à l’aide d’un simulateur de problème.

Rapidement, nous pouvons simuler un capteur en défaut, un circuit en défaut ou un capteur avec des données erratiques. Dans certains cas, nous pouvons simuler un symptôme de performance du moteur sans que l’ordinateur de bord (powertrain control module ou PCM) puisse associer un code d’anomalie au problème.

Voici un exemple (photo 2).

Photo 2

Sur un moteur GM 2014 à injection directe de 2,4 litres, j’ai provoqué un problème. À partir des données présentées sur la photo 2, seriez-vous en mesure de découvrir ce problème ? Pour un élève, il devient alors très réaliste de tenter de trouver la cause du mauvais fonctionnement. Il doit utiliser l’analyseur (scanner), le multimètre et l’oscilloscope pour détecter le problème.

Lors de la démarche de diagnostic, si le manufacturier demande de faire une vérification à l’ordinateur (PCM), l’élève le fera à partir d’une boîte de vérification (pinout box) qui représente chacun des emplacements des fils à l’ordinateur (photo 3). La raison de la présence de cette boîte est très simple : vous savez sûrement que les terminaux d’un ordinateur sont très petits et très fragiles, alors elle sert à les protéger.

Photo 3

Maintenant, imaginez 50 à 60 élèves par année qui iraient faire leurs vérifications directement à l’ordinateur… Les terminaux ne supporteraient pas ces vérifications à répétition. Les différents problèmes que je peux simuler sont ceux liés à l’injecteur, à la bobine d’allumage, au débitmètre, au capteur de position de la pédale d’accélérateur et à l’actionneur d’arbre à cames, ainsi que tout ce qui a trait aux mélanges air-carburant (sonde d’oxygène). Pour ce que je ne peux pas simuler, j’utilise des véhicules destinés à l’enseignement de la mécanique.

Pour ce qui est de l’air climatisé, les élèves peuvent voir le passage du fluide frigorigène, de l’état liquide à la vapeur grâce à un tuyau d’air climatisé transparent. De plus, à l’aide d’une valve, il est possible pour l’enseignant de simuler un problème de débit de frigorigène comme si la valve d’expansion faisait défaut. Cela permet de voir l’effet sur le fluide frigorigène si le ventilateur ne se met pas en fonction (chose qui serait impossible à visualiser sur une automobile normale) (photo 4).

Photo 4

Le programme de mécanique automobile, déjà saturé en 2005 lors de sa création, ne compte que 1 800 heures. Treize ans plus tard, le véhicule a énormément évolué, mais le programme est resté le même et il a la même durée. Nous sommes à la croisée des chemins ! En terminant, je vous donne la réponse au problème présenté sur la photo 2 : c’est l’actionneur de l’arbre à cames d’échappement qui faisait défaut !

 


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1 commentaire » for L’enseignement à vos futurs techniciens
  1. Bravo pour cette excellente chronique, elle sert à la fois à rassurer les futurs employeurs sur la qualité de la formation offerte dans nos CFP et également à attirer des candidats intéressés par l’aspect technologique du métier.

Commentaire:

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