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L'automobile
Article de fond   01-06-2010   by Par Michel Poirier-Defoy

L’automobile a 70 ans

La naissance des associations


Les premiers combats dans le domaine de l’automobile remontent aux annes ’30. Si l’industrie embryonnaire du dbut du sicle dernier a pris un vritable essor dans les annes qui ont suivi la Grande Dpression, le besoin de former des associations pour protger les acteurs s’est aussitt fait sentir. Les joueurs taient les mmes qu’aujourd’hui mais aucune rgle ne gouvernait les groupes. Les manufacturiers vendaient des vhicules travers un rseau de concessionnaires et de garagistes.

Ces derniers se sont finalement donns en 1939 une association de marchands dtaillants, section automobile. Il n’y avait alors aucune friction entre les deux types d’entreprises. Dans le mme souffle, d’autres AMD furent mises sur pied Qubec, Trois-Rivires et Sherbrooke, suite un congrs provincial. Puis une premire association de concessionnaires se dtache, la Montreal Automobile Trade Association, dont un des directeurs est un certain Georges Clermont, alors dpositaire Chrysler ! On dplorait de ne pas avoir de locaux assez vastes pour tenir un salon de l’auto.

Mais il y avait plus. Si les patrons se nolisaient, il fallait galement que la force de travail et tous les groupuscules qui gravitaient dans ce milieu en dveloppement soient rgents. Le Comit paritaire de l’industrie de l’automobile pour le district de Montral avait peine quelques mois quand fut lanc la revue L’automobile. Elle servait donc de courroie de transmission pour le Comit paritaire et publiait dans ses pages des encarts en anglais et en franais — sur des pages jaunes — pour rendre public ses rglements.

On y apprenait ainsi la classification des employs en apprentis, compagnon, homme de service et mcanicien. Il fallait se prsenter aux bureaux du CP pour obtenir sa carte de comptence et le territoire couvert tait celui de Montral, Laval et 15 kilomtres de rayon. On rgissait les heures d’ouverture et de fermeture, la semaine de travail, le temps supplmentaire afin de protger les employs, mais galement le taux horaire qu’on pouvait exiger du client. Fait tonnant : le taux horaire de l’atelier de carrosserie tait fix 1,25$ l’heure alors que celui de mcanique tait moins lev 1,00$ !

Les salaires

La rmunration passait d’un maigre 15 sous de l’heure un ronflant 0,45 cents pour les Classe A — donc une chelle de 6 18 dollars pour une semaine de 40 heure — alors que le grant de service faisait un norme 30 dollars par semaine, sans limite d’heures toutefois.

Les cas des dlinquants

Ces associations avaient galement pour but de rgir les intervenants. Les revendeurs de voitures usages prolifraient et n’avaient ni permis ni rglementation. D’autres sillonnaient les rues d’une ville avec des dpanneuses et offraient leurs services de rparation… sur la rue ! une poque o le bricoleur tait lgion, on obtenait des pices au comptoir des magasins grossistes — John Millen et United Auto Parts, entre autres — au mme prix que les garages. On tait pri de dlatter les contrevenants aux associations qui avaient le pouvoir de judiciariser.

C’est ainsi qu’on a intent des dmarches judiciaires ou mis l’amende des artisans sans scrupule, des remorqueurs sans permis, qu’on a forc des patrons tenir des livres de paie. On tait encore loin de la CSST mais il y avait un besoin criant de mettre de l’ordre dans cette industrie et d’imposer des normes de travail. Et grce des pressions auprs des grossistes et concessionnaires, les ateliers enregistrs en bon et due forme ont obtenu des prix de gros.

70 ans plus tard, le travail des associations et du Comit paritaire a port ses fruits et nul ne peut rester indiffrent tout ce chemin parcouru.


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