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L'automobile
Article de fond   01-08-2008   by Par Guy Arbour, Ing. ÉDiteur

Formation continue Les dix excuses


On n’est généralement pas très fanatiques, côté formation continue, dans les ateliers indépendants. On se dit « oui, c’est important », mais on ne trouve pas le temps, et pas l’argent non plus. Il arrive alors qu’un vieux client se pointe avec un « trouble » qu’on ne sait pas analyser, et on lui répond : « Pour ça, mon cher Claude, il va falloir aller voir le concessionnaire ». Puis Claude ne revient plus. Jamais.

C’est ainsi que chaque année, plus ou moins 1% des affaires de la réparation automobile migrent du côté des concessionnaires qui, eux, affectent des sommes parfois importantes à la formation et qui paient même, très souvent, le technicien automobile pour suivre les cours.

L’opération commerciale d’un atelier de réparation d’automobiles se fonde sur l’application des connaissances et de l’expérience du personnel. Avec les changements intempestifs qu’apportent les manufacturiers, toutefois, c’est bien difficile de tout suivre. La formation devient nécessaire, ne serait-ce que pour conserver ses clients. Si vous n’investissez pas dans la formation, il y a une raison. Peut-être êtes-vous content de votre volume d’affaires. Peut-être que vous ne voulez pas de relève, parce que la retraite est à deux pas.

Pourtant, si vous souhaitez vous retirer sans devoir vendre des crayons à la sortie de la messe, il est importe de démontrer un chiffre d’affaires croissant et un bon achalandage. Ça, c’est juste des techniciens compétents qui peuvent vous le donner.

Investissez en eux et ils vous en seront reconnaissants.

On a récemment réuni une brochette des meilleurs techniciens au Québec, dont beaucoup font de la formation. Ils nous ont donné d’excellentes suggestions pour encourager la formation des techniciens automobiles en carrosserie et en mécanique (page 16 et suivantes).

Ils nous ont aussi énuméré tous ensemble les dix excuses le plus souvent invoquées pour ne pas faire de la formation à l’atelier. On vous les présente en vrac :

• Je n’ai pas les moyens, c’est trop cher • Je vais perdre mes techniciens

• Je n’ai pas le temps, l’atelier est trop occupé

• Mesgarsneveulentpasyaller

• Mes techniciens ne veulent pas suivre des cours le soir

• J’envoie mes gars, mais ils n’apprennent rien

• Mon boss veut pas payer le cours

• Je suis déjà dépassé par la technique anyway

• Je ne trouve pas la formation que je voudrais

• Je prends ma retraite dans cinq ans

Pour sortir de ce chapelet d’excuses, nos techniciens experts ont proposé des choses ingénieuses, comme d’offrir les cours dans une palette de temps qui est moitié comprise dans le temps de l’atelier, moitié en début de soirée. Dans tous les cas, il faut aussi que les techniciens aient un incitatif financier pour participer à la formation. Il faut également que cette formation soit adaptée avec vos priorités d’affaires : pneus, échappement, freins ou autre. On a aussi parlé de profiter des incitatifs financiers du gouvernement, qui permet de prendre 1% d’impôts payés et l’imputer directement à la formation. Il y a toujours moyen de moyenner : quand on veut, on peut.

Bref, il faut un peu d’effort et un peu d’imagination. C’est un peu le principe de la saucisse Hygrade : si plus de gens demandent de la formation, l’offre de formation sera meilleure et ses coûts diminueront.

Chose certaine, les grandes ban nières des distributeurs auraient un intérêt économique réel à s’unir pour offrir une formation « neutre » à tous les techniciens automobiles, si elles ne veulent pas se retrouver dans dix ans à fournir des morceaux de freins chinois presque sans mark-up aux quelques garages du coin qui resteront.


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