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L'automobile
Article de fond   30-07-2019   by Nathalie Savaria

Embauchons


Nous vous présentons le mot de la fin de notre rédacteur sénior, Michel Poirier-Defoy, paru dans le numéro de l’été 2019 du magazine L’automobile.

Le monde de l’automobile en général et du marché secondaire en particulier n’est pas épargné par la pénurie d’employés. On a de la difficulté à trouver des techniciens, des mécanos et des apprentis un peu partout, surtout pendant les périodes de pointe du printemps et de l’automne. Les salles de cours des centres de formation professionnelle ne font pas le plein. En se promenant au Québec, on voit sans cesse des affiches « Nous embauchons ».

Il s’agit d’un phénomène de société : tous les domaines sont touchés, de l’industrie aux commerces en passant par les services gouvernementaux. Certains ateliers sont désormais contraints de refuser des clients parce que la main-d’œuvre manque. En région, d’autres sont poussés à la fermeture pour les mêmes raisons. Il y a peut-être une ébauche de solution à l’horizon : l’immigration.

Notre nouveau gouvernement a beau vouloir réduire le nombre de futurs Québécois qui seront accueillis dans la province, il n’en demeure pas moins que nous pourrions puiser dans des ressources humaines éloignées pour combler les nombreux postes disponibles. Surtout qu’il est encore possible d’entreprendre une carrière dans le domaine de l’automobile en tant qu’apprenti et de faire ses classes petit à petit jusqu’à l’obtention de la carte de compétence finale.

Il suffit de voir ce que les Sud-Américains sont capables de faire en mécanique : si des Cubains peuvent bricoler des V8 récents de GM dans des Chevrolet 57, ils devraient être en mesure de changer des pneus, de faire des changements d’huile, de réparer une carrosserie, et quoi encore, pour débuter dans le métier. Il suffit de regarder les nouvelles pour constater qu’en Afrique, le réseau routier est déficient et que les déplacements sont souvent aventureux dans des véhicules qui tiennent le coup malgré les nids-de-poule. Bienvenue donc à tous les Mamadou, Joaquim ou Amar qui désirent faire carrière chez nous. À défaut, pourquoi ne pas prolonger la période de travail de cette main-d’œuvre qui débarque annuellement chez nos producteurs agricoles ?

Au cours de son histoire, le Québec a accueilli plusieurs vagues d’immigrants qui se sont fondus dans la population. Après les Écossais et les Irlandais à la fin du XIXe siècle, il y a eu des Juifs, des Polonais et des Libanais. Puis, ce fut une marée importante d’Italiens après la Seconde Guerre mondiale.

À ce sujet, je vous relate une petite histoire personnelle. Dans les années 1950, Bruno, un mécano de haut niveau, quitte son Italie natale pour s’établir au Québec. Il y élève sa jeune famille et exploite un petit atelier de réparations. Dans les années 1970, son fils, Remo, prend la relève et devient à son tour un mécanicien et préparateur d’exception. Le nombre de pilotes de course et de rallye, et j’en ai fait partie, qui lui commanderont des moteurs de haute performance et des voitures de compétition ne se compte plus. Sa compétence était inégalée et son atelier, une référence. C’est en baignant dans cet univers que son fils Alexandre, rejeton de troisième génération, fera ses premiers pas en karting, passera à la course sur glace, en Atlantique, en Champ Car et en Nascar, pour devenir un des pilotes les plus reconnus chez nous. Il n’aura fallu que deux générations pour que le petit-fils d’un homme qui a quitté son patelin en Europe soit considéré comme un quasi-Québécois de souche. Voilà en quelques mots la petite histoire de la famille Tagliani.

Alors, souhaitons que le Québec demeure une terre d’accueil et que viennent dans les prochaines années de ces travailleurs désireux de combler nombre de postes dans le secteur de l’après-marché.

 

 


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