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L'automobile
Article de fond   28-05-2019   by Nathalie Savaria

Boom des véhicules électriques en vue selon des analystes


Les réparateurs devront relever le défi de comprendre les différentes technologies de transmission. 

Par Adam Malik

2019 pourrait marquer le début de l’ère du véhicule électrique (VÉ).

Un sondage réalisé par Volvo intitulé The State of Electric Vehicles in America  (L’état des véhicules électriques en Amérique) a révélé que près des trois quarts des personnes interrogées pensaient que les véhicules électriques représentaient l’avenir de la conduite automobile. Près de 80 % de ceux qui possèdent déjà un VÉ étaient de cet avis.

Les ventes devraient suivre une courbe correspondante. Les achats de véhicules électriques devraient atteindre environ 2,8 millions dans le monde en 2019, un chiffre qui semble conservateur pour certains.

« Personnellement, je suis plus d’accord sur le fait que cela dépassera les trois millions, mais l’équipe d’analystes de Frost & Sullivan [n’était pas d’accord avec moi], a déclaré Sarwant Singh, partenaire principal chez Frost & Sullivan.

Autre signe que les temps changent, l’Association des journalistes automobiles du Canada a désigné la Jaguar I-Pace Véhicule utilitaire canadien de l’année 2019. C’est la première fois qu’un véhicule entièrement électrique remportait un prix global accordé par le groupe. Le VUS de luxe a aussi remporté le titre de Véhicule de l’année en Europe.

La pluralité des technologies de transmission, synonyme de défis

La technologie des véhicules électriques prend de nombreuses formes.

Un sondage réalisé par KPMG a révélé que les dirigeants du secteur de l’automobile dans le monde croient que les technologies de transmission vont se répartir ainsi d’ici 2040 : batteries électriques (30 %), piles à combustible (23 %), moteurs à combustion interne classiques (23 %) et hybrides (25 %).

James Carter, consultant principal chez Vision Mobility à Toronto, ne croit pas en la popularité potentielle de la technologie des piles à combustible, estimant qu’elle n’aurait sa place que dans des domaines spécialisés tels que les équipements lourds. Selon lui, les véhicules électriques à pile à combustible nécessitent plus d’entretien, leur technologie est plus chère et leurs infrastructures sont médiocres.

« Mon point de vue est qu’en général, la pile à combustible n’est pas vraiment un sujet de préoccupation pour le marché secondaire », a déclaré M. Carter.

Néanmoins, l’après-marché devra concentrer ses efforts sur la formation de l’industrie de la réparation à la variété des technologies de transmission. Les techniciens devront apprendre à les maîtriser.

« Le marché secondaire devrait s’inquiéter de la mise à jour de ses compétences en matière de véhicules hybrides. Et, à mesure que nous progresserons, il devra en apprendre beaucoup plus sur les véhicules entièrement électriques et comprendre quelles sont les exigences d’entretien pour chacun d’entre eux », a affirmé l’analyste.

Pour les grossistes, cela signifie également de savoir ce dont les ateliers de réparation auront besoin comme pièces pour réparer les véhicules à l’avenir, de ce dont ils auront davantage besoin, de ce qu’ils pourront éliminer et la manière dont les pièces fonctionnent ensemble.

« À mesure que l’électrification s’accentuera, il y aura également une augmentation parallèle de la complexité de l’électronique, des systèmes de contrôle et des problèmes sur les systèmes autonomes et d’aide à la conduite qui devront être résolus », a dit M. Carter.

L’un des changements les plus étonnants pour le marché secondaire consistera à supprimer le besoin de faire une vidange d’huile dans un véhicule électrique. Cela éliminera la visite semi-annuelle à l’atelier.

« Il faudra beaucoup plus de proactivité dans le marché secondaire, a déclaré Carter. La prise de conscience de ce qui va devenir des points d’usure et de ce qui sera source de problèmes dans l’avenir est importante. »

La question des groupes motopropulseurs s’applique également aux constructeurs automobiles. Ceux-ci proposeront-ils diverses options de transmission sous chaque plateforme ?

« Il n’y a pas de technologie miracle. Il n’y a pas de technologie unique pouvant être utilisée par tous les équipementiers », a déclaré Kevin Kelly, consultant principal chez Frost & Sullivan.

Pourquoi tant d’optimisme ?

Il a fallu 15 ans à la Toyota Prius hybride pour atteindre un million de ventes et huit ans aux véhicules électriques pour parvenir au même objectif.

Les constructeurs automobiles ont de plus en plus confiance dans l’offre de véhicules électriques à leurs clients, ces derniers montrant qu’ils sont prêts à investir dans cette technologie, a indiqué Anjan Hemantha Kumar, responsable de la recherche chez Frost & Sullivan,

« Je dirais que l’ère de la mobilité électrique est déjà là et constitue l’avenir », a-t-il ajouté.

D’ici 2030, la plupart des analystes estiment que les véhicules électriques à batterie atteindront environ 30 % de toutes les ventes de véhicules neufs. En 2040, ce pourcentage grimpera à 65 %.

La plus forte croissance est attendue en Chine, car les consommateurs choisissent des véhicules électriques en nombre qui surpassent celui du reste du monde, notamment grâce au rôle primordial joué par le gouvernement dans la promotion des véhicules dotés de nouvelles technologies. Outre les préférences des consommateurs, les paris des constructeurs automobiles et les politiques environnementales devraient également alimenter la croissance des véhicules électriques en Europe.

« Le gouvernement et la population en général ont poussé les gens à nettoyer leurs villes après 30 ans de diesel générant une très mauvaise pollution », a déclaré M. Carter.

Mais la situation est quelque peu différente en Amérique du Nord. Les bas prix des carburants devraient soutenir ici le goût des consommateurs pour les moteurs à combustion interne et continuer à les faire passer aux petits camions légers et aux voitures plus petites plutôt qu’aux technologies plus propres et plus vertes.

Sans règles d’émissions plus strictes – et dans le cas des États-Unis, les règles ont même été assouplies -, les ventes de véhicules électriques auront du mal à se développer aussi rapidement. L’exception de taille est la Californie, le plus grand promoteur de ces technologies. L’État peut définir ses propres règles à propos des normes d’émissions et environ une douzaine d’autres États suivent son exemple. Cependant, la Maison Blanche se bat actuellement contre la Californie à ce sujet.

Au Canada, le Québec et la Colombie-Britannique ont pris les devants en matière de technologies propres et vertes. Le Québec offre des rabais allant jusqu’à 8 000 $ pour les véhicules électriques, et la Colombie-Britannique, 5 000 $. Le détaillant d’automobiles Montréal Auto Prix a lancé sa première Semaine du véhicule électrique à la fin du mois de mars afin de promouvoir les véhicules électriques. En revanche, l’un des premiers gestes du gouvernement progressiste-conservateur nouvellement élu en Ontario l’été dernier a été de supprimer les rabais accordés pour l’achat de véhicules électriques.

« Nous constatons que les deux autres provinces continuent d’aller de l’avant en matière de véhicules électriques et, dans certains cas, renforcent leur volonté d’accentuer l’électrification des véhicules », a dit M. Carter.

« Je suppose que s’il y avait un changement de gouvernement en Ontario, vous verriez ce nouveau gouvernement adopter des types de lois et d’exigences semblables à ceux de la Colombie-Britannique et du Québec. »

En fait, la force motrice derrière les ventes de véhicules électriques, c’est la législation.

« La principale conclusion que je tirerai pour 2019 est que les véhicules électriques ne reposent plus sur les mesures incitatives, a déclaré Kumar. Cela dépendra de la réglementation… Les incitations vont bientôt disparaître. »


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