Services à l’abonné
Magazine & e-Bulletin
L'automobile
Article de fond   14-05-2019   by Nathalie Savaria

Batterie : des astuces pour prévenir les pannes


Cet article est paru originalement dans le numéro du printemps 2019 du magazine L’automobile.

 

Au fil du temps, la batterie s’est perfectionnée. À présent, en plus de la batterie traditionnelle, il y a la batterie AGM (« Absorbed Glass Mat »). Toutes deux nécessitent une attention particulière, notamment par temps froid.

Par Nathalie Savaria

Actuellement, la batterie standard occupe la plus grande part du marché (60 %), mais la batterie AGM (40 % du marché) est celle qui est le plus utilisée sur les véhicules récents, indique Ghislain Roy, technicien expert et enseignant au Centre intégré de mécanique industrielle de la Chaudière.

Plus solide et résistante aux chocs que la batterie classique, la batterie AGM est dotée de séparateurs en fibre de verre qui absorbent l’électrolyte à l’intérieur, ce qui renforce l’étanchéité, et elle ne possède pas de ventilation externe. Comme ce type de batterie se trouve toujours à l’intérieur du véhicule, par exemple sous les sièges ou dans le coffre arrière, elle ne coulera pas dans le cas d’un accident avec capotage.

Une batterie AGM clairement identifiée

Cela dit, la batterie AGM présente certains inconvénients.

« La plupart des batteries AGM ne sont pas identifiées comme telles. Certains modèles le sont, mais plusieurs ne le sont pas, et je ne sais pas pourquoi », mentionne Ghislain Roy.

Quand vient le temps d’en faire l’inspection, des précautions s’imposent.

« La batterie AGM ne peut pas tolérer des tensions excessives. Si j’utilise un chargeur ordinaire, la tension peut grimper à 16,5 volts, et même à 17 volts et détruire la batterie en un rien de temps. En cas de doute, utilisez un chargeur AGM. Ce chargeur a la particularité de monitorer la tension de charge pour s’assurer de ne jamais dépasser 15,3 volts. »

Un chargeur AGM

Son prix de détail est également plus élevé. Le prix d’une batterie standard oscille en effet entre 80 et 90 $ alors qu’il est de plus de 140 $ pour une batterie AGM.

La durée de vie utile

Que la batterie soit de type AGM ou standard, sa durée de vie est en général de 4 à 6 ans.

Selon notre expert, trop de clients ne tiennent pas compte des premiers signaux d’alarme comme un démarrage plus lent et attendent que la batterie ait atteint sa durée de vie utile avant de la changer.

« En cas de panne, ça va coûter plus cher au client : le remorquage, la journée ou les heures non travaillées, un changement d’huile si on a noyé le véhicule, etc. », énumère M. Roy.

Dans l’atelier

Lors d’une inspection, le technicien doit s’assurer de son bon fonctionnement.

À cette fin, il doit d’abord vérifier la tension à vide de la batterie à l’aide d’un multimètre.

« Par exemple, à 12,6, 12,8 volts, ma batterie est chargée à 100 %. Si j’obtiens 12,4 volts, ma batterie est chargée à 75 %, à 12,2 volts, à 50 %. Si ma batterie a seulement 12 volts de charge, c’est certain que le véhicule ne repartira pas demain matin », explique M. Roy.

Notre expert suggère de faire ensuite un test d’acceptation de la charge.

« On place le chargeur sur la batterie pendant trois minutes, et on vérifie la tension. Normalement, la tension ne devrait pas excéder 15,4 volts. Si elle excède 15,4 volts, ça veut dire que ma batterie commence à être sulfatée et qu’elle a accompli 75 % de sa durée de vie. »

Dans le cas d’une batterie à plat, certaines précautions s’imposent, surtout en hiver.

« D’abord, cela signifie que l’électrolyte s’est transformé en eau, et l’eau gèle à zéro. La batterie risque donc d’être gelée. Si un véhicule a été amené par remorquage le matin, on ne peut pas mettre le chargeur au maximum sur la batterie qui a gelé pendant la nuit, car elle risque d’exploser. Il faut donc commencer avec un courant de charge minime afin de voir ce qui se passe avec la tension. Si la batterie accepte la charge, alors on pourra faire une charge lente pour quelques heures. Après, on pourra faire un test avec l’analyseur de batterie numérique. Cet appareil va envoyer une tension alternative qui va traverser la batterie. Selon la facilité avec laquelle la tension va passer, l’appareil sera capable de déterminer l’état de la batterie ou si des cellules commencent à faire défaut. L’avantage avec cet appareil est qu’on ne décharge pas la batterie. »

Un analyseur de batterie numérique

Certains ateliers utilisent encore la pile au carbone pour faire ce test, mais celle-ci présente toutefois le désavantage de réduire l’ampérage, et donc de décharger la batterie. L’utilisation de cette pile est d’ailleurs interdite chez les concessionnaires, précise M. Roy.

Cependant, en cas de doute, notre expert croit qu’il peut être utile de faire les deux tests, pour autant qu’il ne s’agisse pas d’une batterie AGM.

« Je commencerai par faire un test électronique. Par exemple, si l’analyseur indique que le CCA de la batterie est de 580 ampères, il la classifie comme encore bonne. Mais comme je m’attends à 600 ampères, je vais faire un test avec la pile au carbone, sauf si c’est une batterie AGM. Selon le résultat, un changement de batterie pourra alors être suggéré au client. »

La batterie de remplacement

Pour Ghislain Roy, il est impératif de remplacer la batterie d’origine par une pièce identique.

« Souvent, on va remplacer une batterie par une autre au-dessus des capacités de la première, avec neuf plaques positives et négatives au lieu de sept à l’intérieur. Plus de plaques veut dire plus d’espace. C’est sûr que la batterie va être plus large et plus haute. Et là, le capot ne fermera plus. Ou dans un autre cas, la hauteur de la batterie est correcte, mais elle est plus large, ce qui fait qu’elle ne repose plus à plat. Tous les sédiments se ramassent alors d’un côté, ça fait un court-circuit dans les plaquettes et dans deux ans, elle faudra remplacer la batterie. »

La batterie en trois conseils

  • Par temps très froid, conseillez à vos clients de brancher leur batterie sur un chargeur de deux ampères pendant la nuit. Le matin venu, la voiture démarrera sans problème.
  • Dans l’atelier, prenez le temps de vérifier la tension et le bon fonctionnement du système de charge, en mettant tous les accessoires en marche et en augmentant la révolution du moteur à 1 200 tours/minute. Si vous n’obtenez pas 14,5 volts, c’est que l’alternateur commence à faiblir, car il ne recharge pas convenablement la batterie.
  • Lors de l’entretien saisonnier à l’automne ou au début de l’hiver à l’arrivée des grands froids, il est bon de suggérer à un client régulier le remplacement de la batterie si celle-ci a 3, 4 ou 5 ans. À un nouveau client, vous devez demander quand la batterie a été remplacée pour la dernière fois. S’il l’ignore, il doit savoir qu’après 5 ans, une panne peut survenir à tout moment.

* À noter que tous les conseils valent pour les véhicules hybrides et électriques, qui sont aussi dotés d’une batterie AGM de 12,6 volts.

 

 


Imprimer cette page



connexes


Commentaire:

Your email address will not be published. Required fields are marked *

*