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Opération « Minounes «

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By: / par Michel Poirier-Defoy
2012-02-01

La nouvelle est sortie un vendredi après-midi quand tout le monde est en mode week-end. Ce sont donc les émissions du samedi qui ont repris la nouvelle à l’effet que dorénavant il y aurait des inspections sur les voitures. À partir de 2013. Faute d’experts pour commenter, la nouvelle est devenue une Opération Minounes qui allait voir disparaître toutes les voitures de plus de 8 ans. Et v’lan ! La seule autre nouvelle étant une défaite des Glorieux, on a martelé l’auditoire aux 15 minutes et même demandé à l’artiste invité de commenter. Bref, un ramassis d’âneries qui n’a pas servi la cause de l’automobile mais semé la trouille chez le consommateur.

On aime bien au Québec annoncer des lois des années d’avance. Question de diluer la responsabilité. Ainsi, en 2011, le ministre lance la nouvelle et ne peut être pris à parti puisque çà arrivera seulement deux ans plus tard. Puis, en 2013, quand la Loi sera promulguée par un nouveau ministre qui n’était pas en poste 2 ans plus tôt, on pourra pelleter la responsabilité rétroactivement. De la petite politique.

La réalité du quotidien

Le vrai portrait veut que l’âge moyen du parc automobile soit de 8,6 années. Aussi bien en déduire que plus de 56 % des véhicules qui roulent sur nos routes sont des minounes ! Pire, la réalité vous frappe chaque jour quand un automobiliste se présente à votre atelier pour un entretien de sa voiture : vous faites le tour et déterminez qu’il y en a, disons, pour 2000 $. Le client a les genoux qui plient quand vous lui annoncez l’état de son véhicule : faute de budget, il doit décider de la réparation la plus urgente pour que sa voiture continue de rouler et laisser tomber le reste de l’entretien. Sans vous le dire, il vient peut-être de mettre une croix sur une autre dépense urgente dans le budget familial.

Pollution ou sécurité

Je n’ai rien contre l’inspection des véhicules. Bien au contraire. J’étais sur les lieux il y a une dizaine d’années quand André Bélisle et l’AQLPA faisaient des cliniques de sensibilisation pour démontrer que certains véhicules polluaient parce qu’ils étaient moins bien entretenus. Il est évident que le marché secondaire profiterait largement de faire l’entretien de véhicules qui roulent avec des déficiences mécaniques. Mais la nouvelle laisse entendre qu’on effectuera des inspections obligatoires pour les émanations polluantes seulement. Et rien pour le reste du véhicule. C’est comme si on vérifiait le siège de bébé dans ma voiture sans examiner les sangles et les attaches de retenue à la caisse !

Les échos laissent entendre bien des années plus tard que ceux qui s’étaient penchés sur le dossier avaient laissé entendre qu’un véhicule non conforme devrait être soumis à un minimum de réparations -- disons 500 $. Elles révèlent également qu’il y aurait eu trop de véhicules retirés de la route et qu’une couche de la société -- déjà les moins bien nantis -- en serait affectée. On avait délibéré et finalement reporté le tout aux calendes grecques. Mais nous vivons à une époque où la sécurité et la pollution nous empêchent de voir le gros bon sens. On va donc mettre sur pied un énorme programme de vérifications de 2,25 millions de véhicules pendant qu’on vient de se retirer du Protocole de Kyoto !

Les manufacturiers innocentés

La première constatation de ces mesures annoncées est l’échéance de 8 ans. Exactement la durée de la garantie antipollution qu’offre les manufacturiers. D’un coup, le propriétaire de tout véhicule fautif ne pourra invoquer le système d’origine puisque la garantie sera périmée. Il semble que le processus s’enclenchera lors de la vente d’un véhicule usagé : or, c’est bien connu, les concessionnaires n’offrent jamais de véhicules de plus de 5 ans. Ponce Pilate n’aurait pu faire mieux. Le message est clair : « Nous, on vend des voitures et de récentes usagées. Une fois les huit ans révolus, on a plus rien à voir là-dedans. » C’est donné comme message que le bien est périssable, qu’il a une durée de vie limitée et le fragiliser davantage. 

Une action concertée

Il est donc temps que le marché secondaire se monopolise -- lire ceux qui vous représentent -- afin de s’assurer que ce programme soit plus près du gros bon sens que des seules préoccupations environnementales. Imaginons des inspections incluant la mécanique également, sur une base triennale, pour des véhicules de plus de 10 ans, pour un montant maximum de réparations, etc...

Maintenant allez dire à vos clients qui roulent dans une 2006 qu’ils se retrouveront dans une présumée minoune en 2014 quand la vague d’inspection sera amorcée. Allez dire à votre beau-père -- le même qui pestait contre les pneus d’hiver -- dont la Camry 1999 n’a que 117 000 km et que vous citez en exemple d’entretien, qu’il devra lui aussi passer chez le mandataire... Allez dire à votre prochain client qu’il devrait faire effacer ce malencontreux code d’évap allumé dans son tableau de bord au lieu de faire remplacer ces plaquettes de frein usées au métal...o 

Photos

Michel Poirier-Defoy, Rédacteur senior  mpoirierdefoy@lautomobile.ca
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