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Soyez au courant

Mon arrière-arrière grand-père, y savait poser des fers Mon arrière grand-père, y'avait un moteur stationnaire Et pis mon grand-père avait une belle Chrysler toute noire Mon père s'est fait avoir, il avait une petite Corvair Pis moi j'me fais fourrer avec les vendeurs d'or noir Dans 10 ans, mon p'tit gars, tu vas t'brancher à tous les soirs

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By: par Michel Poirier-Defoy Rédacteur senior

Pas question d'annoncer la fin du monde dans mon petit sermon, mais de démontrer que le changement est amorcé et sera irréversible. Il y a trop de signes qui ne mentent pas et qui prouvent que la pratique automobile est en train de changer.

Les hybrides sont ici depuis plus de 10 ans, leur nombre augmente et ira en grandissant. Pire, on annonce des véhicules électriques dès l'an prochain. On fabrique des batteries pour Boloré et on teste des Mitsubishi à Boucherville. Des Nissan Leaf rouleront dans les rues de Montréal et Québec en 2011. Toyota vient de signer un partenariat avec Tesla et relance l'usine d'assemblage des Vibe en Californie. Puis, il y aura la Chevrolet Volt. Et ce n'est que la pointe de l'iceberg : quand chaque manufacturier décidera de se procurer les moteurs et les batteries de fournisseurs génériques comme Magna, tout le monde aura son électrique.

J'ai retenu une phrase de Craig Van Batenburg, un Américain devenu probablement le meilleur formateur en hybride : «L'hybride ne fera que précéder l'électrique à court et moyen terme.» En fait, l'histoire nous apprend que c'est par facilité que le moteur à combustion a gagné sur l'électricité il y a cent ans. Le pétrole était disponible à vil prix et sa distribution plus facile. Les mots écologie et environnement ne faisaient pas partie du vocabulaire. L'électricité supposait trop de recherches et de développement alors qu'il fallait d'abord électrifier la planète.

La donne a changé. Le Québec pourrait devenir le Koweit de demain. Une centrale moyenne comme Eastmain peut recharger quotidiennement un million de véhicules hybrides. Ajoutez Manic 5 et tout le Québec roule vert ! On se gargarise en Californie de faire le plein pour trois dollars (200 kilomètres). Au Québec, ce serait 75 cents -mais ne vous en faites pas, on va trouver le moyen de nous ajouter des taxes ! Le gouvernement offre présentement des subsides atteignant dix mille dollars lors d'un achat de véhicule à émission zéro. Quand la volonté corporative se manifestera et que les véhicules seront disponibles, ils pulluleront sur nos routes. Même chose du coté des transports en commun : les taxis, qui gravitent en zone urbaine et reviennent toujours aux mêmes postes d'attente profiteraient de l'hybridité.

Établir une stratégie

Il faut donc que l'après-marché s'ajuste tout de suite. Il y a toujours eu une lutte entre les concessionnaires et le marché secondaire. L'un se sert du poids de la garantie et de sa connaissance du véhicule pour fidéliser le client. Ce dernier timidement se laisse convaincre tout en avouant qu'il lui en coûte plus cher. Pour finalement se retrouver dans son atelier favori dès que la couverture cesse. Entre-temps, il consacre quand même quelques visites pour des vidanges d'huile, des achats de pneus et autres entretiens mineurs. Mais faut-il que l'après-marché se contente de si peu et attende que la garantie sur le bloc piles soit périmée ? Celle-ci, rappelons-le, est de huit ans !

Il faut donc retourner sur les bancs d'école. Depuis deux mois, de l'information des manufacturiers est disponible pour les ateliers, selon l'entente signifiée l'an dernier. Des outils de diagnostic font leur apparition également. Mais il faut former au moins un technicien par atelier, se familiariser avec les opérations de base qui sont généralement différentes dans le cas d'un hybride : de la simple vidange au remplacement des plaquettes en passant par la mise au point.

Au même titre que des voitures haut de gamme, les hybrides sont des toiles d'araignée électroniques où les ordinateurs se multiplient afin de gérer qui la transmission, qui la gestion des moteurs -à combustion et à électricité. C'est dans ce domaine qu'il faut investir du temps d'apprentissage.

Ce sont d'abord les ateliers en zone urbaine qui devront établir un plan d'attaque. Les hybrides gravitent surtout dans le giron des villes, au plus en zone périphérique.

Au tournant du XXe siècle, il y avait deux ou trois maréchaux-ferrants par village : des champions du marteau et de l'enclume, habiles à vous réparer un buggy ou une carriole et à ferrer le percheron.

20 ans plus tard, il en restait qu'un s'entêtait à dire que les chevaux étaient là pour rester, un autre pour se réorienter vers l'usinage de pièces de métal et un troisième qui avait relevé le pari de faire le service et réparer les automobiles. Faites le transfert en ce début de XXIe et demandez vous, comme Mes Aïeux, quel sera votre sort dans 10 ans.

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