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L'automobile
Article de fond   09-05-2017   by Nathalie Savaria

La fabrication des véhicules… est-ce le vrai problème ?


Nous reproduisons ici la chronique de notre expert Yves Racette, parue dans le numéro de mai-juin 2017 du magazine L’automobile.

Grace à une prise de conscience, notre société a fait de grands progrès quant à l’adoption de voitures plus propres et plus vertes. Le problème est que tandis que ces voitures sont de plus en plus en demande, qu’elles se veulent les voitures « VERTES » de demain, leur fabrication est tout sauf respectueuse de l’environnement. Selon plusieurs spécialistes, leur fabrication serait très polluante et néfaste pour notre planète.

Une entreprise californienne, Divergent 3D, a décidé de changer la manière de fabriquer ces voitures du futur et d’être plus responsable en s’attaquant au vrai problème. Le Blade, la première super voiture imprimée 3D au monde, était présentée au CES 2017 à Las Vegas dernièrement, et c’était probablement l’une des plus excitantes de l’exposition.

Le Blade, la première super voiture imprimée 3D au monde.

Pour ceux qui ne le savent pas, Divergent 3D a souvent retenu l’attention des médias ces dernières années. En 2015, le PDG de Divergent 3D, Kevin Czinger, a dévoilé le Blade, premier prototype de super voiture imprimée en 3D. Le Blade a évolué à partir de la technologie exclusive de Divergent 3D appelée le nœud, soit un joint d’aluminium imprimé en 3D qui relie des morceaux de fibre de carbone pour former le châssis de la voiture. Cela signifie un châssis très résistant et d’environ 90 % plus léger que la plupart de ceux fabriqués par les manufacturiers automobiles actuels.

En septembre 2016, Divergent 3D a conclu un partenariat majeur avec le manufacturier de voiture Peugeot, annonçant une nouvelle ère pour les grands constructeurs automobiles travaillant en collaboration avec les entreprises d’impression 3D.  À la fin de l’année dernière, Czinger et Divergent 3D ont fait de nouveau la manchette avec la première super moto imprimée en 3D, la Dagger, dévoilée en novembre 2016 au Salon de l’auto de Los Angeles. Dotée d’un châssis imprimé en 3D et du moteur original d’une Kawasaki H2, la Dagger était plus une déclaration visant à démontrer le sérieux de l’entreprise californienne en matière de fabrication 3D qu’une moto routière. Czinger voulait montrer à l’industrie automobile ce que l’impression 3D pouvait réaliser.

La Dagger, la première super moto imprimée 3D.

Son auditoire semble avoir finalement compris et pris connaissance de ses points de vue manufacturiers innovants. Divergent 3D a créé une plateforme matérielle logicielle activée par l’impression 3D de métaux (la Divergent Manufacturing Platform™) qui transforme radicalement l’économie de la fabrication automobile et l’impact environnemental. La plateforme Divergent permet aux constructeurs automobiles de concevoir et de développer des composants légers et performants qui seront essentiels à la construction de la prochaine génération de véhicules. La technologie de fabrication additive 3D de Divergent permet aux ingénieurs de personnaliser sans cesse les divers composants des voitures, ce qui leur confère un contrôle encore plus grand sur la conception et l’assemblage. À l’avenir, les voitures seront fabriquées à une fraction des coûts d’immobilisation initiaux d’aujourd’hui, avec des cycles de produit beaucoup plus rapides et avec beaucoup moins d’impact sur l’environnement. Divergent 3D appelle cette approche « la fabrication afin de sauver la planète ».

Peugeot est parmi les premiers fabricants de voitures de grande renommée à tirer parti de ces méthodes. Et bien que la société n’ait pas encore publié de détails quant à ses objectifs, ou même combien de véhicules seront réalisés à l’aide des procédés de Divergent 3D, le partenariat stratégique avec l’entreprise californienne suggère que nous allons voir beaucoup plus de collaborations comme celle-ci dans les années à venir. L’accord Peugeot-Divergent est essentiellement la première étape d’un long voyage pour les grands constructeurs automobiles qui devrait être rentable.

Bien sûr, la course n’a pas encore été remportée. De nombreuses entreprises automobiles ont des réserves quant aux avantages de la fabrication d’additifs industriels, car la vitesse de la plupart des imprimantes 3D actuelles sont mieux adaptées pour le prototypage que la production de masse. Pourtant, les entreprises comme Divergent 3D continuent à développer de nouveaux partenariats et de nouvelles méthodes de plus en plus rapides. L’évolution vers une technologie plus fiable est à suivre.

Pour l’instant, Czinger est tout à fait optimiste quant à cette tendance. « Nous avons mis au point un cheminement durable pour l’industrie automobile qui, selon nous, entraînera une renaissance dans la fabrication automobile », a déclaré le PDG de Divergent.

C’est avec un très grand intérêt que nous suivrons cette prometteuse entreprise de fabrication qui pourrait rendre le rêve de plusieurs plus concret, celui par exemple de l’implantation d’une usine de fabrication de motos et de voitures électriques au Québec.


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