Services à l’abonné
Magazine & e-Bulletin
L'automobile
Article de fond   21-03-2017   by Nathalie Savaria

Bannissement de l’amiante : Les plaquettes de freins dans la mire du gouvernement


Nous reproduisons ici un article d’Allan Janssen traduit et adapté par Marc Beauchamp paru dans le numéro de mars-avril 2017 du magazine L’automobile.

Le gouvernement du Canada a la ferme intention de bannir toute importation de pièces composées d’amiante au pays d’ici le début de 2018. Cela inclut les plaquettes de freins que l’on retrouve sur tous les modèles de véhicules vendus au Québec.

Dans la foulée, une nouvelle loi sur la santé et la sécurité du travail sera édictée prochainement et examinée à la Chambre des communes afin d’encadrer la responsabilité des propriétaires et des gestionnaires d’entreprise, dont les ateliers d’entretien et de réparation d’automobiles et les magasins de pièces d’autos qui récupèrent le matériel, pour favoriser un meilleur environnement pour les techniciens qui auront à manipuler de telles pièces. Cela inclura une campagne de promotion pancanadienne sur le sujet.

Le Canada rejoindra ainsi en 2018 près d’une soixantaine d’autres États qui ont déjà banni l’utilisation de l’amiante sous toutes ses formes. L’exposition aux fibres de ce minerai cause plus de 100 000 morts par an dans le monde, selon l’Organisation mondiale de la santé.

Précisons que le tout premier pays à interdire l’utilisation de la fibre a été l’Islande, en 1983. D’autres pays ont suivi dans les années 1990, comme la France (1997) et l’Angleterre (1999). L’Union européenne a quant elle emboîté le pas en 2005.

Mise en garde

Toutefois, selon Rick Jamieson, président et chef de la direction d’ABS Friction, une entreprise établie à Guelph en Ontario qui fabrique des plaquettes de freins sans amiante depuis plus de 20 ans, plusieurs techniciens travaillant dans des ateliers canadiens d’entretien et de réparation d’automobiles croient à tort que l’utilisation de l’amiante est déjà interdite. Or, le risque persiste, plaide-t-il, jusqu’à l’entrée en vigueur du règlement l’an prochain. « Durant ce temps, le Canada continue d’importer des plaquettes de freins d’origine et de remplacement contenant de l’amiante. »

Ce qu’il faut toutefois comprendre de ce matériau de friction en voie d’être banni, c’est que le risque de danger pour la santé des travailleurs d’atelier survient uniquement en présence de pièces ayant servi. C’est la manipulation des pièces de friction partiellement ou totalement usées qui pose problème, notamment lors d’une désinstallation ou d’une repose. Tant que les plaquettes de freins sont neuves, aucun indice de dangerosité n’est enregistré.

« Nous avons malheureusement constaté que des techniciens s’emploient encore aujourd’hui à nettoyer des plaquettes de freins contenant de l’amiante à l’aide d’une buse d’air pneumatique sur des véhicules dans des aires de service. En procédant ainsi, ils créent des nuages de fines particules de poussières toxiques dans l’environnement de travail. Ces minuscules débris dans l’air sont à l’origine d’importants problèmes de santé lorsqu’ils sont inhalés. »

Prévention de l’amiantose

Un équipement de protection, comprenant un écran facial avec lunettes et un masque pour le nez et la bouche ainsi que des gants étanches, est indispensable pour les travaux d’entretien et de nettoyage des plaquettes ciblées, souligne le Centre canadien d’hygiène et de santé au travail (CCHST).

Les effets sur la santé humaine d’une exposition à l’amiante prolongée et non sécuritaire sont bien documentés. Les fibres d’amiante sont facilement inhalées et transportées vers la partie inférieure des poumons, là où elles peuvent causer des fibroses pulmonaires (amiantose) ainsi que des changements à la muqueuse de la cavité thoracique (plèvre).

Ces maladies peuvent mener à une fonction respiratoire diminuée et à la mort, précise le CCHST. Une inhalation à long terme des fibres d’amiante augmente également le risque de cancer du poumon et de mésothéliome.

Enfin, la cardiomégalie peut également se manifester comme effet indirect de la résistance accrue du flux sanguin dans les poumons.

 

 


Imprimer cette page



connexes


Commentaire:

Your email address will not be published. Required fields are marked *

*